Hospitalisé dans une unité d’hématologie à Casablanca pour une tumeur maligne, Mehdi, alors âgé de 19 ans, a passé les deux dernières années de sa vie à alterner entre cette unité et le service de réanimation du CHU Ibn Rochd. Originaire de Khouribga, il a enduré d’innombrables séances de chimiothérapie, un traitement éprouvant qui le clouait au lit plusieurs jours durant.
Les erreurs médicales mettent en lumière les carences d’un secteur fragilisé. Entre diagnostics erronés, infrastructures inadaptées et absence de suivi rigoureux, des patients continuent de subir les conséquences d’une prise en charge défaillante. Une réalité alarmante sur… pic.twitter.com/r9PPzmDSCG
— TelQuel (@TelQuelOfficiel) January 20, 2025
Il a perdu ses cheveux, l’appétit, et l’espoir de retrouver un jour une vie normale. Jour après jour, cet espoir s’est érodé, les effets secondaires du traitement ne cessant de le handicaper. Jusqu’à l’empêcher de déglutir le moindre aliment, voire la moindre goutte d’eau.
Après son décès, sa famille a découvert que l’ensemble du processus thérapeutique reposait sur le diagnostic d’une clinique privée à Rabat, qui s’est avéré erroné. Ainsi, Mehdi avait été soigné pour une pathologie inexistante, laissant son véritable mal se propager. Il en décédera.
Erreurs de diagnostic, erreurs médicamenteuses, fautes commises lors d’une opération chirurgicale, pannes d’électricité entraînant l’arrêt des équipements médicaux, ou encore négligence et non-assistance à personne en danger… toutes ces situations peuvent conduire au décès de patients qui avaient placé leur confiance dans la médecine. Elles peuvent également engendrer des handicaps permanents que les victimes porteront toute leur vie.
Des familles en quête de vérité et de justice
Les dossiers relatifs aux erreurs médicales sont de plus en plus fréquents dans diverses juridictions à travers le royaume
Les cas sont nombreux, mais les statistiques relatives aux erreurs médicales ne sont pas communiquées par le Ministère public. “Il n’existe pas, pour le moment, de moyens pour connaître le nombre exact de dossiers relatifs aux erreurs médicales, qu’ils soient en cours ou déjà jugés, car ce type de procédures relève d’une sous-catégorie, regroupant notamment la non-assistance à personne en danger, le préjudice causé à autrui et l’homicide involontaire”, explique Chouaib Haddadi, avocat au barreau d’El Jadida. Il ajoute néanmoins que les dossiers relatifs aux erreurs médicales sont de plus en plus fréquents dans diverses juridictions à travers le royaume.
Bien que la majorité de ces affaires restent méconnues du grand public, certains cas ont été largement relayés par les médias. En décembre 2024, par exemple, un propriétaire de clinique privée à Casablanca et deux chirurgiens ont été poursuivis après le décès d’une patiente, attribué à une potentielle erreur médicale.
