Lahcen Dadsi, avocat : “Le pacte du silence entre médecins empêche d’établir la vérité pour les victimes d’erreurs médicales”

Alors que les affaires d’erreurs médicales se multiplient, la justice peine à répondre à des problématiques complexes en l’absence d’une législation claire. Lahcen Dadsi, avocat au barreau de Casablanca, analyse les failles d’un système où patients et professionnels sont tous deux victimes.

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TelQuel : Pouvez-vous nous expliquer comment la responsabilité médicale est encadrée par la loi? 

Lahcen Dadsi, avocat au barreau de Casablanca.Crédit: DR

Lahcen Dadsi : Actuellement, il n’existe pas de loi spécifique dédiée à la responsabilité médicale au Maroc. Ce domaine est encadré par des dispositions générales issues de plusieurs textes législatifs. En fonction des cas, les règles applicables se trouvent notamment dans le Dahir des obligations et des contrats, qui régit les relations contractuelles et la réparation des préjudices civils, ainsi que dans le Code pénal, qui traite des infractions liées à la négligence ou aux fautes graves.

Ce vide juridique pose un problème crucial lorsqu’il s’agit pour le juge d’évaluer les dommages et d’indemniser les victimes. En l’absence de cadre légal clair, cette indemnisation repose entièrement sur l’appréciation personnelle du juge, guidé par ses convictions.

Cette subjectivité peut laisser les victimes dans un profond sentiment d’injustice, particulièrement lorsque les montants octroyés ne reflètent pas l’ampleur du préjudice subi.

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