L'INPT sans direction depuis 2019 : l’ANRT pointée du doigt

Depuis octobre 2019, l’Institut national des postes et télécommunications (INPT), fleuron historique de la formation en télécoms, traverse une crise prolongée due à l’absence de gouvernance stable. Placé sous la tutelle de l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT), l’institut fonctionne depuis près de cinq ans sans directeur permanent. Une situation qui soulève des interrogations de la part des syndicats et des parlementaires sur la gestion de cet acteur clé du développement numérique marocain. Décryptage.

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L'Institut national des postes et télécommunications (INPT).

L’ANRT et le gouvernement laisseront-ils l’INPT sombrer davantage dans la paralysie administrative ? Depuis 2019, l’Institut national des postes et télécommunications (INPT) fonctionne sans directeur permanent, une vacance prolongée qui paralyse sa gouvernance et freine les ambitions de mise en œuvre de stratégie de développement “Go Digital By INPT”.

Cet institut, autrefois une référence en innovation et formation, joue un rôle clé dans le développement digital au Maroc, mais traverse aujourd’hui une crise de gouvernance. Actuellement dirigé par Ahmed Tamtaoui, directeur par intérim désigné par l’ANRT, l’institut souffre d’une ambiance générale marquée par les critiques des enseignants, syndicats et parlementaires, qui pointent du doigt le manque de leadership.

Celui-ci empêcherait l’INPT, selon eux, de relancer ses projets stratégiques et de maintenir son rôle essentiel dans l’écosystème de formation.

Un blocage dénoncé par les syndicats et les députés

Dans une lettre datée du 20 mai 2024 adressée au chef du gouvernement Aziz Akhannouch, à laquelle TelQuel a eu accès, le Syndicat marocain de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (SMASUP) dénonçait déjà cette vacance prolongée comme une violation des articles 92 et 49 de la Constitution, ainsi que des règles de nomination aux postes de haut niveau. Selon le syndicat, l’absence de nomination d’un directeur compromet la mission de l’INPT et freine son développement stratégique. Le syndicat pointait également du doigt, dans sa lettre, “une gestion inefficace de l’ANRT, qui n’a pas su répondre aux exigences d’une gouvernance conforme aux lois en vigueur”.

La députée Fatima Tamani, de la Fédération de la gauche démocratique (FGD) a également interpellé le gouvernement sur cette situation dans une question écrite, le 22 juin dernier.

La députée Fatima Tamani, de la FGD a interpellé le gouvernement sur la situation de l’INPT dans une question écrite datée du 22 juin 2024.Elle a mis en cause la responsabilité du directeur général de l’ANRT, Azelarab Hassibi, dans ce blocage, soulignant dans sa question que “son incapacité à débloquer la nomination d’un directeur permanent a prolongé la crise de gouvernance”. Selon la députée, “cette situation affaiblit non seulement l’INPT, mais aussi l’ensemble de l’écosystème digital marocain”.

Azelarab Hassibi, DG de l’ANRT.Crédit: DR

Selon ces revendications, le blocage actuel est attribué à un manque de transparence et d’efforts pour trouver une solution durable. “L’appel est lancé : une intervention rapide et une nomination transparente sont essentielles pour restaurer le rôle de l’INPT et redonner un cap stratégique à cette institution emblématique. La balle est dans le camp des décideurs”, nous confie une source proche du dossier ayant requis l’anonymat.

Contactés par nos soins, ni les responsables de communication de l’ANRT ni ceux de l’INPT n’ont répondu à nos sollicitations. À noter que TelQuel a publié en 2024 un Who’s Who de l’INPT, recensant les profils inspirants de 20 de ses lauréats. Ce numéro spécial, disponible en ligne sur inpt.telquel.ma, met en avant la diversité et la richesse des parcours des ingénieurs formés par l’institut.

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