Intervenant lors d’une rencontre consacrée à la réforme du système de santé, organisée jeudi par la Ligue des médecins istiqlaliens, Baraka a souligné que l’hôpital public fait face à des défis croissants, notamment le manque de ressources humaines, la longueur des délais d’attente, les difficultés de maintenance et une adaptation insuffisante aux mutations que connaît le secteur de la santé.
Il a précisé que le véritable problème ne réside pas uniquement dans la construction de nouveaux hôpitaux, mais surtout dans la disponibilité d’un nombre suffisant de professionnels de santé et leur maintien au sein du système. La pression exercée sur les ressources humaines constitue, selon lui, « le véritable problème » auquel est confronté l’hôpital public.
Le secrétaire général de l’Istiqlal a également estimé que la généralisation de la couverture sanitaire n’a pas eu l’effet escompté sur le financement des hôpitaux publics. Il a indiqué que 95 % des dépenses de l’assurance maladie dans le domaine de la santé sont orientées vers le secteur privé.
De même, 80 % des dépenses des assurés de la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS) bénéficient au secteur privé, tandis qu’environ 60 % des dépenses du régime « Tadamoun » sont désormais dirigées vers les cliniques privées, selon les données du Conseil économique, social et environnemental (CESE).
Pour Baraka, cette évolution pose un véritable problème d’équilibre du système de santé et de financement des établissements publics. Il a rappelé que les études montrent que les dépenses réalisées dans le secteur privé sont plus élevées que celles enregistrées dans le secteur public, ce qui pèse sur l’équilibre des caisses de sécurité sociale.
Il a par ailleurs alerté sur la persistance du déficit en ressources humaines, affirmant que le Maroc manque d’environ 35.000 médecins. À cela s’ajoute la poursuite de l’émigration de nombreux praticiens vers l’étranger, malgré les efforts entrepris pour augmenter le nombre de diplômés des facultés de médecine.
Enfin, Baraka a indiqué que les budgets auparavant alloués aux hôpitaux publics ne sont plus suffisants, une situation qui a entraîné une baisse de leur attractivité dans certaines régions et créé des difficultés pour les médecins souhaitant y exercer et y développer leur carrière.
