Légalisation du cannabis : le PAM déterre deux propositions de loi

En ce début d’année, le parti du tracteur est résolu à remettre sur la table deux propositions prônant la légalisation de l’or vert. Le ministre de la Justice assistera le 8 janvier à une réunion pour discuter la proposition de loi relative à l’amnistie des cultivateurs de cannabis.

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Des fermiers détruisent des plants de cannabis sous la supervision de la police en 2006. Crédit: Abdelhak Senna/AFP

Le PAM déterre deux propositions de loi allant vers la légalisation du cannabis, qui sommeillent dans les arcanes du Parlement depuis des années. Mohamed Benabdelkader, ministre de la Justice, a accepté d’assister à une réunion afin de discuter la proposition de loi relative à l’amnistie des cultivateurs de cannabis le 8 janvier au sein de la commission de justice, de législation et des droits de l’Homme à la Chambre des conseillers.

2014, 2015 : deux propositions

Depuis le dépôt de cette proposition de loi (à la chambre des représentants en 2014, ndlr), nous avions toujours fait face au refus catégorique de l’exécutif de la discuter, au point où nous en sommes arrivés à penser qu’elle allait être enterrée. Donc c’est un bon début que le gouvernement accepte d’ouvrir le débat, c’est un pas positif”, se félicite le conseiller du parti du tracteur Larbi Mharchi. “Nous sommes résolus à porter et à défendre cette proposition, et nous attendons avec impatience la réponse du gouvernement pour voir si issue il y a ou pas”, ajoute-t-il.

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L’autre proposition de loi relative à la légalisation du cannabis — déposée en 2015 par le PAM à la deuxième chambre —, sera examinée au sein de la commission des secteurs productifs à la deuxième chambre. “La discussion sera menée avec le ministre de l’Agriculture et à ce stade, nous avons l’accord de principe du gouvernement, mais aucune date n’a été fixée”, nous confie le conseiller.

“Un bon début”

Que le ministre de la Justice accepte de discuter la proposition de loi relative à l’amnistie des cultivateurs de kif ne veut pas forcément dire qu’il y est favorable. C’est ce que des sources gouvernementales ayant requis l’anonymat ont fait savoir à quelques supports, dont Hespress : “Assister à la réunion d’une commission pour exprimer la position du gouvernement sur une proposition de loi est une chose. Lancer une discussion sur l’amnistie pour les cultivateurs de cannabis est autre chose”, indique le 5 janvier une source gouvernementale au site d’information. La même source ira jusqu’à dire que “le débat signifie que le gouvernement accepte la proposition”. Ce à quoi Larbi Mharchi répond : “Nous n’avons jamais avancé que l’exécutif acceptait notre proposition de loi. On dit simplement que c’est un bon début.

Quoi qu’il en soit, en acceptant “d’assister” à cette réunion, l’exécutif montre un signe d’ouverture sur une question qui a longtemps essuyé un niet. Au sein de l’hémicycle en 2015, l’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane avait refusé toutes possibilités de légalisation du kif ou d’amnistie des cultivateurs. La même année, l’ancien ministre de l’Intérieur Mohamed Hassad déclarait : “La culture du kif et sa commercialisation sont illégales. Elles le resteront.

Le parti du tracteur n’est pas le seul à prêcher, au sein du Parlement, les bienfaits de la légalisation du cannabis. En 2014, le parti de l’Istiqlal a déposé à la première chambre une proposition de loi relative à la légalisation du cannabis, restée elle aussi lettre morte.

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