Défense : Berlin compte acquérir 40% du capital de KNDS dans le cadre d'un accord avec Paris

Le gouvernement fédéral allemand a annoncé lundi son intention d'acquérir 40% du capital de KNDS, groupe d'armement franco-allemand spécialisé dans la conception et la fabrication de systèmes terrestres, dans le cadre d'un accord conclu avec le gouvernement français.

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En vertu de cet accord, les deux pays détiendront chacun 40% du capital de KNDS, précise le porte-parole du gouvernement fédéral, Stefan Kornelius, dans un communiqué.

« Avec cette prise de participation, le gouvernement allemand entend préserver les intérêts de la République fédérale d’Allemagne, compte tenu de l’importance stratégique de l’entreprise », a-t-il expliqué.

« Une participation allemande dans KNDS garantira une influence durable sur une entreprise d’importance stratégique pour la sécurité et la défense européennes« , tout en renforçant la valeur industrielle nationale, la souveraineté technologique et la protection des intérêts de sécurité ainsi que des technologies clés en Allemagne, a-t-il ajouté.

Le gouvernement allemand travaillera en étroite collaboration et sur un pied d’égalité avec ses partenaires français afin d’assurer le développement réussi et tourné vers l’avenir de l’entreprise, créée en 2015 à la suite de la fusion du français Nexter Systems et de l’allemand KMW (Krauss-Maffei Wegmann), souligne le porte-parole.

L’Allemagne et la France ont publié lundi un communiqué conjoint annonçant cet accord portant sur la stratégie et la gouvernance de KNDS, ainsi que leur intention de devenir des coactionnaires à parts égales du groupe d’armement.

Cet accord et les transactions qui en découlent entreront en vigueur sous réserve de leur approbation budgétaire par le Parlement allemand, soulignent les deux pays, qui franchissent, grâce à ce cadre franco-allemand, « une étape décisive pour renforcer leur souveraineté partagée dans la défense terrestre ».

Berlin et Paris sécurisent ainsi leurs droits à la fois en tant qu’actionnaires et en tant qu’États souverains grâce à cet accord, dont les principes fondateurs reposent sur un engagement actionnarial de long terme, la parité des droits de gouvernance et une supervision appropriée des questions de sécurité.

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Les deux parties sont également convenues de réexaminer régulièrement leur niveau de participation au capital et son évolution éventuelle. L’accord ouvre, par ailleurs, la voie à une possible introduction en bourse de KNDS dans un avenir proche, selon le communiqué conjoint.

Les deux pays entendent ainsi faire de KNDS une entreprise de défense de premier plan en Europe et dans le monde, au service des armées française et allemande, et renforcer sa compétitivité dans l’industrie européenne des systèmes terrestres.

Les Forces armées royales (FAR) avaient pour rappel commandé en 2020 30 systèmes d’artillerie CAESAr auprès de Nexter, désormais intégré à KNDS France. Cette coopération a toutefois été marquée par des difficultés techniques liées au service après-vente, qui ont conduit les FAR à diversifier leurs fournisseurs. Le Maroc s’est ainsi tourné vers le groupe israélien Elbit Systems pour l’acquisition de 36 obusiers automoteurs ATMOS 2000, l’absence de geste commercial de la part de KNDS ayant également pesé dans la décision, selon le site spécialisé Opex360.

Une délégation des FAR, conduite par le général de corps d’armée Mohamed Berrid, s’était rendu le 9 décembre 2025 chez KNDS France, en marge de la 23e réunion du comité militaire maroco-français — visite qui s’inscrivait dans la stratégie marocaine de modernisation de ses équipements et de structuration d’une industrie nationale de défense. (avec MAP)