Hakima El Haité: «La COP22 est beaucoup plus importante que la COP21»

Hakima El Haité doit transformer l'essai de l'accord de Paris à la COP22. Mais que veut-elle concrètement ?

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Crédit : Yassine Toumi.

Si ce 30 mai, devant un parterre d’ingénieurs, Hakima El Haité n’hésite pas à rire de ses fameuses 22 heures de travail hebdomadaires qui lui avaient valu des moqueries, c’est que 2016 constitue une année marathon pour elle. A l’occasion de la restitution des recommandations de l’Association des Centraliens Supélec (Maroc) pour le climat, la ministre de l’Environnement a exposé les objectifs que la COP22 s’est fixée, et dont la feuille de route générale a été rendue publique en avril dernier.

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«La COP22 est beaucoup plus importante que la COP21», estime la ministre. Les responsables du comité d’organisation ne cessent de le rappeler, l’enjeu de la conférence de Marrakech est de rendre concrets les engagements de l’accord de Paris, en cherchant les solutions pour les rendre réalisables. Mais alors concrètement, comment la préparer ? «Nous n’avons pas les mains libres à Marrakech», résume Hakima El Haité. Les responsables climat marocains sont donc pragmatiques.

Ils se sont fixés deux objectifs. Le premier : que tous les Etats présentent «une feuille de route pré 2020» claire.  Autrement dit, que les pays, développés principalement, présentent ce qu’ils comptent faire année par année pour tenir leurs engagements énoncés en 2015.

L’argent, le nerf de la guerre

Deuxième objectif : la feuille de route financière. Le but étant de rendre le financement plus juste. Parmi les idées évoquées: la création d’un fonds alimenté uniquement par les philanthropes et destinés aux pays vulnérables. Le remède aux limites du fonctionnement du Fonds vert pour le climat, qui vient en aide à tous les pays du Sud confondus, y compris les pays émergents, plus riches.

Dans le volet financement toujours, les organisateurs de la COP22 veulent renforcer les capacités des Etats pauvres qui réclament des fonds pour leurs projets d’adaptation. Comme l’avait expliqué Hakima El Haité en novembre, le fonds verts ne distribue pas tous ses deniers parce que les projets proposés ne sont pas assez bancables. C’est pour soutenir les Etats concernés que la ministre souhaiterait une reconnaissance du centre de compétences climatiques régionales de Marrakech, qui aide déjà les pays à formuler leurs plans nationaux d’adaptation.

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Le Maroc s’est fixé deux autres objectifs subsidiaires : enclencher le mécanisme d’adaptation (qui ne peut pas être finalisé avant la conférence de Marrakech puisqu’il dépend du rapport sur l’adaptation du GIEC) et enclencher le mécanisme des échanges carbone et du prix carbone (autrement dit, les échanges et les transactions des crédits de réduction des émissions de gaz à effet de serre).

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