Dès qu’on aborde le concept de la masculinité, deux camps s’affrontent : l’un affirme qu’il n’y a qu’une seule masculinité, traditionnelle, caractérisée par la capacité à se défendre, à s’imposer, à gérer ses émotions, à ne pas se laisser manipuler par les femmes… c’est le discours masculiniste. Le second défend plutôt des “masculinités” plurielles et/ou positives, dans un discours proféministe.
Pour le premier camp, celui des défenseurs d’une vision conservatrice de la masculinité, l’homme s’est affaibli, la société s’est féminisée : les jeunes hommes souffriraient de ce changement de paradigme, notamment dans leurs relations avec les femmes. D’où l’émergence de mouvements masculinistes, qui entendent rendre à l’homme sa puissance, menacée, selon les tenants de cette doctrine, par le féminisme. Les groupes Incels (néologisme pour involuntary celibates, ou célibataires involontaires en français) en sont les principaux représentants dans le monde.
Au Maroc, comme dans d’autres pays, le mouvement “Red Pill” (voir encadré), en référence à la pilule rouge du film Matrix (sorti en 1999) qui permet de briser les illusions et d’ouvrir les yeux sur une réalité, se réclame du masculinisme. Sur Facebook, la page marocaine Red Pill Movement, créée en 2022, est suivie par 103.000 followers. Un autre groupe, nommé Red Pill Maroc for men, compte quant à lui plus de 53.000 abonnés.
No man, no cry
Les publications de ces conservateurs, masculinistes, suprémacistes – il y a quelques années, on aurait simplement parlé de machistes —, pullulent sur les réseaux sociaux : elles vantent la virilité à tout prix, ridiculisent les femmes ou les comportements dits “féminins”. Le tout, justifié par les différences biologiques fondamentales entre les hommes et les femmes : l’homme lui serait supérieur physiquement, mais aussi dans des domaines comme la logique ou les mathématiques.
