Portrait. Abdeladim Lhafi, un vétérinaire à la COP22

Abdeladim Lhafi, vétérinaire de formation qui a consacré sa carrière au monde agricole et à l’environnement, s'apprête à relever un nouveau grand défi à 67 ans: l'organisation de la COP22.

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Il fait partie de la « dream team de la COP 22 » approuvée par le roi fin janvier.  En tant que commissaire général de la conférence internationale sur l’environnement qui se tiendra du 7 au 18 novembre à Marrakech, il aura pour mission de mettre en place le dispositif pour la gestion de l’événement avec ses 40 000 participants et ses 3500 journalistes.  Lui, c’est Abdeladim Lhafi, le Haut commissaire aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification.

Né en 1949 à Ahfir dans un petit village à la frontière maroco-algérienne non loin d’Oujda, il  y fait ses études primaires. « À l’époque Ahfir s’appelait encore Martinprey du Kiss . Martin Prey est le nom d’un officier français et le Kiss est le nom de la rivière frontalière entre le Maroc et l’Algérie »,se rappelle – t-il. Il poursuit  ses études secondaires à Berkane  puis à Oujda. C’est  dans cette ville de l’Oriental et au Lycée Omar Ibn Abdelaziz qu’il décroche son baccalauréat  en sciences expérimentales en  1968.

Son baccalauréat en poche, il s’envole pour Marseille  pour y poursuivre ses études supérieures. Il y fait un lycée préparatoire aux grandes écoles, mais son choix se porte sur l’école nationale vétérinaire de Toulouse.C’est à la faculté de Médecine et de Pharmacie de l’université  de Toulouse qu’il obtient son doctorat  en 1974.

Il a gravi tous les échelons du ministère de l’ Agriculture

Il retourne au Maroc la même année  où il est nommé responsable des Haras régionaux de l’Oriental  (tout ce qui concerne les chevaux). «  Mais tout de suite après j’étais pris pour le service militaire », nous raconte-t-il.  Il  faisait partie du groupe d’escadron à cheval de Khénifra. «  Au bout de quelques mois, j’ai été mobilisé vers le sud à Errachidia  en tant que vétérinaire pour le bataillon des dromadaires », nous explique-t-il, amusé.  « À l’époque,  je ne savais pas qu’il y avait la marche verte qui se préparait. La décision venait d’en haut donc ce n’est qu’après que je l’ai su e t j’y suis resté jusqu’ à la marche verte  » détaille – t-il.

Il revient à son poste d’origine à Oujda avant de rejoindre le ministère de l’Agriculture à Rabat. Là  il gravit tous les échelons de l’administration. Il est nommé au poste de secrétaire général en 1993 du ministère avant de devenir en 1997 secrétaire d’État chargé de la mise en valeur agricole dans le dernier  gouvernement d’ Abdellatif Filali.

Il a ensuite occupé la fonction d’ambassadeur du Maroc en Allemagne de 1999 à 2003. Même à ce poste Lhafi est resté en contact avec le monde agricole et l’environnement puisque,  explique – t’il, «  il était souvent question des dossiers agricoles  dans le cadre la diplomatie économique  ».

42 ans d’expérience

En 2003 le roi le nomme  Haut commissaire des eaux et forêts, un poste qu’il occupe jusqu’ à ce jour. Mais à 67 ans il s’apprête à relever un défi majeur celui de l’organisation de l’une des plus grandes manifestations,  la COP 22.

Certes,  avec son  nouveau  statut, ce vétérinaire de formation et père de deux filles renoue avec des fonctions qu’il avait occupées en 2000, lorsqu’il était commissaire du pavillon marocain à l’exposition universelle de Hanovre (Allemagne) dont la thématique était « L’homme, la nature et la technologie  », et en 2005 lors de l’exposition de Nagoya (Japon) placé sous le signe de « La sagesse de la nature ».

Mais ce poste, il  le doit également à une carrière consacrée au monde agricole et  à l’environnement« J’ai fait tout mon parcours en tant que commis de l’État. Je suis là où on me charge d’exercer une mission. C’est un domaine dans lequel je travaille depuis 42 ans et qui est en rapport avec les ressources naturelles, la biodiversité, la désertification, l’eau, le changement climatique ».

 

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