Mezouar : « Le Maroc refuse tout chantage de la part de la justice française »

Le ministre des Affaires étrangères était convoqué, le 5 février au parlement, afin de s'expliquer sur les relations diplomatiques du Maroc avec la France et l’Égypte mais aussi l'affaire Chris Coleman.

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Salaheddine Mezoua
Salaheddine Mezouar, ministre des Affaires étrangères. Crédit : DR

Dans la soirée du jeudi 5 février s’est tenu le grand oral du ministre des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar devant les commissions des Affaires étrangères des deux chambres du parlement.

Salaheddine Mezouar a présenté un exposé sur les récents événements diplomatiques en rapport avec la France et le Maroc, avant de répondre aux nombreuses questions des parlementaires. Le ministre a donc commencé par déclarer que le Maroc pratiquait «  une diplomatie flexible et qui évolue et se renouvelle en fonction des changements internationaux ». Concernant le report des visites du roi en Russie et en Chine, Mezouar s’est contenté de déclarer que le Maroc a préféré diversifier ses partenariats internationaux et que les règles diplomatiques « imposent le silence de temps à autre ».

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« Des complots souhaitaient heurter la souveraineté du Maroc »

Au sujet du Sahara, Salaheddine Mezouar a expliqué que le «  Maroc s’est opposé à plusieurs complots qui souhaitaient heurter sa souveraineté, à travers une stratégie diplomatique claire articulée autour de quatre axes : la réactivité de l’institution royale, la diversification des partenariats, le renforcement de la diplomatie économique et l’intégration de nouveaux partenaires ».

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De même, il a révélé que le « Maroc s’est également opposé au dernier rapport de Christopher Ross qui visait à subvertir la mission de la Minurso [en lui ajoutant une mission de surveillance des droits de l’Homme] et frapper de plein fouet la stabilité dans la région ». Pour Mezouar, ce rapport était « dangereux et aurait pu provoquer plusieurs dérapages. Le Maroc l’a aussi refusé car il touchait à sa souveraineté ». Et d’ajouter que « le royaume a subi plusieurs pressions lors des négociations. Toutefois, le Maroc a gardé son calme et est resté sur ses positions jusqu’à ce qu’il obtienne les garanties souhaitées ». Enfin, le ministre a annoncé la visite prochaine de Christopher Ross au Maroc.

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«  Les relations entre la France et le Maroc sont exceptionnelles  »

Sur les tensions récentes entre le Maroc et la France et l’Égypte, il a indiqué que «  plusieurs problèmes ont été réglés secrètement à travers une série de négociations ». Sur la coopération judiciaire entre le Maroc et la France (reprise récemment) en particulier, Mezouar a précisé qu’elle était « exceptionnelle ». Toutefois, il a prévenu que « le Maroc refuse tout chantage de la part de la justice française ».

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Concernant les récentes tensions entre le Maroc et l’Égypte, le ministre a qualifié celles-ci « de passagères  » et a annoncé que plusieurs concertations étaient en cours afin de « renforcer les partenariats des deux pays en matière de sécurité, d’économie et de culture ».

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Enfin, Mezouar a estimé que le bilan de la diplomatie marocaine était positif et que plusieurs partenariats avaient été signés avec le Conseil de coopération du Golfe en matière de sécurité afin de défendre la question palestinienne. La relation entre les pays africains a été également renforcée dans les domaines économique et religieux dans le but de garder la stabilité dans le continent et de lutter contre le terrorisme.

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« Chaque diplomatie a ses secrets »

Mais le ministre s’est bien gardé d’évoquer de lui-même les fuites de documents diplomatiques et confidentiels orchestrées par le compte Twitter Chris Coleman, alors que c’était l’un des sujets sur lesquels la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants souhaitait l’entendre. Finalement interrogé par un parlementaire, le chef de la diplomatie marocaine a esquivé la question, indiquant simplement que « chaque diplomatie a ses secrets et que les vérités seront révélées en temps opportun ».

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