Béni Mellal : l’AMDH dénonce un climat d’insécurité après l’agression d’un militant par un malade psychiatrique

La section régionale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à Béni Mellal-Khénifra a tiré la sonnette d’alarme après l’agression violente du militant associatif Mohamed Fizazi, membre actif de l’organisation. La victime a été grièvement blessée au cou et à l’oreille par un jeune en “état anormal” qui a tenté de l’égorger.

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Le Centre hospitalier régional (CHR) de Béni Mellal. Crédit: DR

Dans un communiqué relayé par Alyaoum24, l’AMDH dénonce un acte symptomatique d’une dérive sécuritaire dans les villes de la région, marquée, selon elle, par une montée inquiétante des violences. Elle fustige l’inaction des autorités, accusées de ne plus garantir la sécurité publique.

L’association pointe notamment une politique qu’elle juge irresponsable : le transfert de personnes souffrant de troubles mentaux ou en situation d’errance, depuis d’autres villes vers la région, sans qu’aucune prise en charge médicale ou sociale ne leur soit assurée. Ces personnes se retrouvent livrées à elles-mêmes, parfois dans des situations à risque pour la population.

Le communiqué révèle aussi que des jeunes interceptés lors de tentatives de migration irrégulière seraient relâchés dans la région après avoir été dépossédés de leurs papiers d’identité, les plongeant dans la précarité et les exposant à la violence ou à des gestes désespérés.

L’AMDH déplore l’absence de réaction sérieuse du ministère de la Santé face à un déficit criant de structures psychiatriques et de personnel spécialisé dans les hôpitaux locaux. Elle critique aussi la passivité des services de sécurité face aux réseaux de drogue et dénonce des choix économiques qu’elle juge “antisociaux”, aggravant la précarité des jeunes.

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L’association appelle l’État à assumer pleinement ses responsabilités, à cesser les transferts arbitraires de personnes vulnérables vers la région et à privilégier une approche préventive pour lutter contre l’insécurité, notamment par la création de services de santé mentale dans tous les établissements hospitaliers de la zone.