Houda Ougaddoum Crédit: DR/ arrière-plan modifié avec un IA

Who's who AUI : Houda Ougaddoum, le défi comme moteur d’ambition

D’une lettre envoyée à la direction d’AUI pour décrocher une bourse, aux couloirs feutrés de Roland Berger à Londres, Houda Ougaddoum a fait de chaque obstacle une rampe de lancement pour construire son parcours professionnel.

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L’année de son baccalauréat, Houda Ougaddoum entend parler d’AUI par une camarade. Convaincue d’être à la hauteur des exigences de l’établissement, elle rédige une lettre à sa direction pour solliciter une bourse d’excellence, dans laquelle elle présente son parcours et ses ambitions. C’est ainsi qu’elle décroche sa première victoire.

“J’ai décidé de faire AUI parce qu’on m’avait dit que c’était difficile, et que ce n’était pas pour tout le monde”, résume Houda Ougaddoum

Une anecdote qui en dit beaucoup sur la professionnelle qu’elle deviendra : “J’ai décidé de faire AUI parce qu’on m’avait dit que c’était difficile, et que ce n’était pas pour tout le monde”, résume-t-elle. Elle entame un bachelor en sciences, ingénierie et management, qu’elle décroche avec mention d’excellence, ce qui lui vaut une nouvelle bourse pour un master en software engineering au sein de la même université.

En parallèle, elle s’investit dans la vie du campus : le journal étudiant, la radio, un club de musique andalouse… En 2007, elle cofonde le club Mimouna, initiative portée par de jeunes étudiants marocains et musulmans, dédié à la valorisation de la culture judéo-marocaine, et devenu depuis une association qui fête cette année ses 19 ans d’existence.

De P&G à Bruxelles

Avant même d’être diplômée, Houda Ougaddoum reçoit une promesse d’embauche de Procter & Gamble, géant américain des biens de consommation courante, présent dans plus de 180 pays avec des marques comme Ariel, Gillette ou Pampers. Elle y passe sept ans, gravissant les échelons jusqu’au poste de responsable régionale de la protection des marques pour l’Afrique du Nord et de l’Ouest, un rôle qui l’amène à concevoir et piloter des stratégies anti-contrefaçon en lien avec les forces de l’ordre.

“Comme pour AUI, j’ai intégré Procter & Gamble parce qu’on m’a dit qu’il n’y avait pas de recrutement et que je n’aurais jamais cette opportunité”, sourit-elle, avec le même flegme qu’elle oppose aux portes fermées. Elle est ensuite approchée par Bain & Company, l’un des trois grands cabinets de conseil en stratégie mondiale, pour rejoindre son bureau de Bruxelles, l’un des plus stratégiques du réseau : pour elle, ce sont trois années d’une intensité rare, sur des missions de stratégie post-acquisition, de transformation digitale et de supply chain en Allemagne, Belgique, France, Pologne et Royaume-Uni.

Le long jeu

“Je ne prends pas de raccourcis, je joue sur le long terme, et je n’ai jamais fait de compromis par rapport à la qualité du travail que je fournis”

Houda Ougaddoum

C’est finalement Londres et le cabinet de conseil en stratégie Roland Berger qui la retiennent. La capitale britannique lui va bien : Houda Ougaddoum est mécène du Victoria and Albert Museum, temple londonien des arts décoratifs et du design, elle fréquente assidûment l’opéra et pratique la peinture.

Depuis sept ans, elle est directrice de mission chez Roland Berger, l’un des rares cabinets européens à rivaliser avec les firmes américaines sur ce segment, où elle pilote aujourd’hui le lancement d’une nouvelle business unit. Son quotidien : des clients qui maîtrisent parfaitement leur secteur, dans un marché où la marge d’erreur est quasi nulle. “Je ne prends pas de raccourcis, je joue sur le long terme, et je n’ai jamais fait de compromis par rapport à la qualité du travail que je fournis”, dit-elle. Une ligne de conduite qu’elle tient depuis qu’une jeune femme ambitieuse a décidé, un jour, d’écrire une lettre.