Après la prime à la casse, la casse elle-même. Deux mois après avoir lancé l’Eco Bonus, un programme qui offre 30.000 dirhams pour tout véhicule de plus de 15 ans mis au rebut en échange de l’achat d’un modèle électrifié, Stellantis franchit une étape supplémentaire dans sa stratégie d’économie circulaire au Maroc.
Le 6 mai, le groupe a inauguré à Aïn Sebaâ, à Casablanca, son premier centre de démantèlement dans la région Moyen-Orient et Afrique, et le troisième au niveau mondial après l’Italie et le Brésil.
De la carcasse à la pièce de rechange
Le site d’Aïn Sebaâ est dédié au démontage des véhicules en fin de vie et à la récupération de composants destinés au réemploi
Le site, opéré dans le cadre de la division mondiale SUSTAINera, est dédié au démontage des véhicules en fin de vie et à la récupération de composants destinés au réemploi.
Le processus est industrialisé : réception et identification des véhicules, dépollution, démontage sélectif, contrôle qualité, puis stockage et redistribution. Les pièces validées sont réinjectées dans le réseau après-vente de Stellantis, via la plateforme Distrigo et des canaux digitaux comme Parts24. Celles qui ne passent pas le contrôle sont orientées vers des filières de recyclage.
Concrètement, le centre s’étend sur 6000 m² et a nécessité un investissement de 17,3 millions de dirhams. Sa capacité de traitement est estimée à 10.000 véhicules par an, avec à la clé environ 150 emplois directs et indirects. Les véhicules traités proviennent notamment de partenaires assureurs, de ventes aux enchères et de circuits de véhicules hors d’usage.
Un maillon qui manquait
L’initiative a une portée qui dépasse la seule logique industrielle. Au Maroc, le recyclage automobile reste largement informel. Les casses classiques fonctionnent sans cadre structuré, sans traçabilité des pièces et sans garantie de dépollution. En posant un processus normé et certifié, Stellantis occupe un terrain quasi vierge et crée un précédent dans la structuration de la filière.
Le lien avec l’Eco Bonus est tentant. Les véhicules repris dans le cadre de ce programme sont orientés vers un circuit de recyclage agréé. Le centre d’Aïn Sebaâ pourrait en devenir l’un des débouchés naturels, bouclant ainsi la boucle entre incitation au renouvellement et valorisation industrielle des épaves.
Un écosystème qui se complète
Cette infrastructure vient s’ajouter à l’empreinte déjà conséquente de Stellantis au Maroc : l’usine de Kénitra, qui produit notamment la Peugeot 208, et l’Africa Technical Center, centre d’ingénierie basé à Casablanca.
Avec ce centre de démantèlement, le groupe ne se contente plus de fabriquer et de vendre des voitures au Maroc. Il commence à gérer leur fin de vie, un positionnement que peu de constructeurs peuvent revendiquer dans la région. Reste à voir si cette démarche fera des émules chez d’autres acteurs du marché.
