Le défilé continue. Après BYD, Chery, Changan, Geely, Jetour et les autres, c’est au tour de JAC Motors de poser ses valises au Maroc. Le constructeur chinois, fondé en 1964 et présent dans plus de 130 pays, a officialisé le 9 mai son entrée sur le marché national via un partenariat exclusif avec M-Automotiv. L’arrivée avait été amorcée discrètement ces derniers mois à travers un lancement en douceur, elle prend désormais une dimension officielle.
Du particulier au poids lourd
Ce qui distingue JAC de la plupart des marques chinoises récemment débarquées au Maroc, c’est l’étendue de son offre. Là où BYD ou Chery se concentrent sur les véhicules particuliers (VP), JAC attaque simultanément les VP, les véhicules utilitaires légers (VUL), les pick-up, les minibus et les poids lourds. Un spectre inhabituellement large pour un nouvel entrant.
Sur le segment VP, la marque met en avant la E30X, une citadine 100 % électrique revendiquant jusqu’à 524 km d’autonomie en cycle urbain WLTP, avec un écran de 15,6 pouces et un toit panoramique. Côté utilitaires, le fourgon M3 EV, également électrique, cible les flottes urbaines et la logistique du dernier kilomètre. Les pick-up T8 et T8 Pro, en diesel 2.0, visent une clientèle professionnelle et les particuliers en quête de polyvalence. Enfin, la gamme poids lourds comprend des modèles de 9 et 18 tonnes équipés de motorisations Cummins, destinés au transport et au BTP.
L’assemblage local comme argument
Autre particularité : JAC ne se contente pas d’importer. Le constructeur et son partenaire annoncent une stratégie mixte, combinant importation de véhicules finis et assemblage local en kits CKD sur certains modèles. Le minibus Sunray, destiné au transport touristique et scolaire avec une capacité de 17 passagers plus conducteur, fait partie des véhicules assemblés au Maroc. Une approche qui permet de réduire les coûts logistiques et d’afficher un ancrage industriel local, même si les volumes et les investissements précis n’ont pas été dévoilés.
Exister dans la foule
Avec désormais une vingtaine de marques chinoises actives sur le marché marocain, la question n’est plus de savoir si une nouvelle enseigne peut entrer, mais si elle peut durer. JAC a pour elle un historique solide dans l’utilitaire et le poids lourd, segments où la concurrence chinoise est moins saturée que sur les VP. Le réseau initial s’appuie sur des implantations à Casablanca (Derb Omar, Lissasfa) et Had Soualem, avec la promesse d’ateliers mobiles et d’une disponibilité renforcée des pièces de rechange. Mais la notoriété reste à construire auprès du grand public. Sur un marché où chaque mois apporte son lot de nouvelles marques, JAC devra rapidement prouver que son offre élargie n’est pas qu’un catalogue, mais une vraie proposition de valeur.
