Houssni Job : “IA, cybersécurité… former vite pour répondre à l’urgence des talents”

Alors que Marrakech accueille en avril une nouvelle édition de GITEX Africa, la question des compétences s’impose comme un enjeu stratégique face à l’essor de l’IA et de la cybersécurité. Installée au Technopark de Casablanca, Houssni Job se positionne comme un acteur émergent de la formation et du conseil RH, en misant sur la reconversion rapide des jeunes et l’accompagnement des entreprises dans leur transformation digitale. Keltoum Houssni, fondatrice, décrypte les enjeux de reconversion et d’employabilité.

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[Contenu Telquel Impact Spécial Gitex]

Comment évoluent les besoins du marché face à l’essor de l’IA et de la cybersécurité, et comment y répondez-vous ?

Le marché évolue plus vite que les systèmes de formation traditionnels. Aujourd’hui, les entreprises attendent des profils immédiatement opérationnels sur des métiers techniques comme le développement, l’IA ou la cybersécurité. Notre approche consiste à identifier ces métiers en tension et à concevoir des parcours de reconversion courts, intensifs et directement connectés aux besoins des entreprises. Nous intervenons également auprès des organisations pour aligner leurs besoins en compétences avec les profils formés. L’objectif est de réduire concrètement le décalage entre formation et employabilité, tout en sécurisant les parcours professionnels.

Vous avez accompagné plus de 2000 jeunes. Quel est votre modèle et quels résultats observez-vous ?

Nous ciblons en priorité les profils bac+2, souvent sous-valorisés mais dotés d’une forte capacité d’adaptation. À travers des programmes intensifs, nous les orientons vers des métiers digitaux à forte demande. Plus de 2000 jeunes ont ainsi été accompagnés, soit dans des parcours de reconversion, soit dans des projets entrepreneuriaux. Cela confirme l’efficacité d’un modèle basé sur des formations courtes, opérationnelles et directement alignées avec les attentes du marché.

Comment s’est structuré votre partenariat avec la GIZ et quels enseignements en tirez-vous ?

Le programme repose sur une logique d’employabilité directe, inspirée du modèle allemand de formation en alternance. Pendant six mois, les participants ont alterné formation théorique et immersion en entreprise, en conditions réelles. Cette approche permet d’acquérir des compétences immédiatement mobilisables. Le dispositif s’est conclu par un job dating, facilitant une insertion rapide. L’enseignement clé est que l’alternance constitue un levier puissant pour sécuriser l’accès à l’emploi.
Dans le prolongement de cette logique, nous avons élargi notre action vers l’accompagnement entrepreneurial.

Votre collaboration avec la Fondation Mohammed V peut-elle servir de modèle à grande échelle ?

Ce programme constitue une base structurée pour un passage à l’échelle. En accompagnant des jeunes entrepreneurs sur des compétences clés — marketing digital, gestion des ressources humaines et soft skills — il répond à des besoins transversaux. L’enjeu aujourd’hui est de déployer ce modèle dans d’autres territoires et auprès de publics plus larges, afin d’en faire un levier national d’accompagnement entrepreneurial, capable de stimuler la création d’activité et d’emploi.

Au-delà de la formation, comment accompagnez-vous les entreprises dans leur transformation digitale ?

Nous intervenons sur trois axes : le recrutement de profils adaptés, la montée en compétences des équipes et la conduite du changement. La transformation digitale ne repose pas uniquement sur l’adoption de technologies, mais sur la capacité des organisations à faire évoluer leurs pratiques et leurs talents. C’est cette articulation entre compétences, performance et stratégie que nous cherchons à renforcer durablement.