Hassan Boubrik, DG de la CNSS. Crédit: DR

Généralisation de l’AMO : la CNSS au cœur du chantier royal de généralisation de la protection sociale

Sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, le chantier de généralisation de la protection sociale connaît une accélération sans précédent. La CNSS, acteur clé de cette réforme structurante, poursuit la mise en œuvre de l’AMO pour l’ensemble des citoyens, sans distinction en fonction du statut professionnel ou de capacité financière.

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Depuis 2021, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) mène un travail d’envergure. Il s’agit de généraliser l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO) à l’ensemble de la population, qu’il s’agisse des personnes démunies, des travailleurs indépendants, des salariés ou encore des personnes sans activité professionnelle. Cette réforme, structurante pour le pays, vise un objectif clair : garantir à chaque citoyen un accès équitable à des soins de santé complets, indépendamment de sa situation socio-économique.

La progression enregistrée en quelques années illustre l’ampleur de cette transformation. Le nombre de bénéficiaires inscrits à la CNSS est passé de huit millions en 2021 à plus de vingt-quatre millions aujourd’hui. Comme l’a récemment rappelé Hassan Boubrik, directeur général de la CNSS, cette dynamique s’inscrit dans une vision nationale qui place la santé au cœur du développement humain.

Le déploiement de l’AMO s’appuie désormais sur un dispositif cohérent, intégrant toutes les catégories de la population, dans une démarche à la fois graduelle et résolument déterminée.

Les travailleurs salariés, une base historique

Au cœur de ce dispositif, l’AMO dédiée aux travailleurs salariés (TS) constitue la base historique du système géré par la CNSS. Elle couvre l’ensemble des employés du secteur privé ainsi que leurs ayants droit — conjoint et enfants — leur garantissant un accès continu à des soins de santé essentiels.

Financée par des cotisations réparties entre employeur et salarié, cette couverture repose sur un mécanisme solidaire : chacun contribue proportionnellement à son revenu, assurant ainsi la pérennité du régime tout en permettant aux ménages de faire face à des dépenses médicales parfois lourdes.

Grâce à ce modèle, les salariés bénéficient d’un panier de soins complet incluant consultations, hospitalisations, analyses, imagerie, interventions chirurgicales et médicaments, avec un remboursement fixé à 70 % du tarif national de référence, pouvant atteindre 100% pour les affections de longue durée.

Au-delà de la prise en charge des soins, l’AMO contribue à renforcer la sécurité des familles en maintenant, à titre temporaire, la couverture en cas de perte d’emploi, de divorce ou de décès du salarié. Cette mesure garantit aux ayants droit une protection médicale continue durant les périodes de vulnérabilité.

AMO Tadamon pour les plus vulnérables

AMO Tadamon garantit aussi aux populations vulnérables l’accès au même panier de soins que les salariés du secteur privé, y compris dans les établissements de santé privés

Parmi les avancées les plus significatives figure l’intégration des personnes incapables de payer leurs cotisations à travers l’AMO Tadamon. Ce régime assure non seulement la gratuité des soins dans les hôpitaux publics, mais garantit également aux populations vulnérables l’accès au même panier de soins que les salariés du secteur privé, y compris dans les établissements de santé privés.

L’inscription s’effectue à travers le Registre Social Unifié (RSU), qui détermine l’éligibilité des ménages sur la base de leur score socioéconomique.

L’un des changements majeurs concerne la simplification des démarches : les ménages peuvent désormais déposer leur demande entièrement en ligne, sans fournir de pièces justificatives ni se déplacer. Ceux qui le souhaitent peuvent toutefois déposer leur dossier auprès des autorités locales — Caïdats ou annexes administratives — où un récépissé leur est remis dès l’enregistrement.

AMO Achamil pour les personnes sans activité

Un autre pilier de cette généralisation concerne les personnes n’exerçant aucune activité mais considérées comme capables de payer leurs cotisations. Regroupés au sein du régime AMO Achamil, ces assurés peuvent s’inscrire directement sur le portail www.macnss.ma en fournissant leur numéro de carte nationale, leur identifiant digital, un compte bancaire valide et leurs coordonnées de contact.

La CNSS procède ensuite à la vérification des données auprès des administrations partenaires et, en cas d’éligibilité, délivre une attestation d’immatriculation précisant le montant de la cotisation mensuelle, qui varie en fonction du score RSU.

Une fois inscrits, les assurés reçoivent un SMS leur permettant d’accéder à leur espace privé, où ils peuvent télécharger leurs documents, déclarer les membres de leur famille, suivre leurs remboursements ou mettre à jour leurs informations.

AMO TNS : l’intégration des travailleurs indépendants

Le chantier inclut également les travailleurs non-salariés (TNS), une large population longtemps privée d’une couverture médicale structurée

Le chantier inclut également les travailleurs non-salariés (TNS), une large population longtemps privée d’une couverture médicale structurée. Artisans, commerçants, agriculteurs ou professions libérales cotisent désormais à l’AMO sur la base d’un revenu forfaitaire, fixé par décret pour chaque catégorie professionnelle.

Ce régime leur permet de bénéficier d’une couverture médicale équivalente à celle des salariés. La CNSS accompagne cette évolution en assurant une intégration progressive et harmonieuse de ces travailleurs, qui représentent une composante essentielle de l’économie nationale.

Vers un modèle moderne et inclusif

À travers ces différents volets, la CNSS confirme sa mobilisation dans la mise en œuvre du chantier royal de généralisation de la protection sociale. La digitalisation des services, l’interconnexion avec les administrations partenaires et l’amélioration des délais de traitement témoignent de la volonté de moderniser le service public de la santé. Parallèlement, le lancement du programme d’aide sociale directe, qui bénéficie désormais à quatre millions de familles, vient renforcer la dimension solidaire de cette réforme d’envergure.

Avec une couverture sanitaire élargie à la quasi-totalité de la population et des services de plus en plus accessibles, le Maroc pose les fondations d’un modèle de protection sociale plus inclusif, plus équitable et résolument tourné vers l’avenir.