Aziz Mantrach : “Je veux faire de l’ASMEX la maison commune des exportateurs”

Aziz Mantrach, candidat à la présidence de la Confédération marocaine des exportateurs ASMEX, porte un projet centré sur la proximité, l’efficacité et l’influence. Fort de près de quarante ans d’expérience dans le commerce international, le transport maritime, la logistique et l’accompagnement des entreprises, il veut replacer l’exportateur au cœur de l’action de l’ASMEX. Son mot d’ordre : transformer les défis des entreprises marocaines en priorités concrètes.

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Vous revendiquez un parcours de terrain dans le commerce international. En quoi cette expérience nourrit-elle votre candidature ?

Je suis d’abord un entrepreneur et un homme de terrain. Depuis près de quarante ans, mon parcours professionnel est lié au commerce international, à l’industrie exportatrice, au transport maritime, à la logistique et au conseil en commerce extérieur. J’ai exercé des responsabilités dans des entreprises tournées vers l’exportation de biens et de services, ainsi que dans plusieurs organisations professionnelles nationales et internationales.

J’ai eu l’honneur de présider la Fédération internationale du transport maritime, FONASBA, basée à Londres, ainsi que l’Association professionnelle des agents maritimes, consignataires de navires et courtiers d’affrètement du Maroc, l’APRAM, pendant plus de quinze ans. J’ai également contribué à la modernisation du commerce extérieur marocain à travers mes responsabilités d’administrateur au sein de PORTNET.

Mon engagement au sein de l’ASMEX, en tant que vice-président et président du pôle logistique, m’a permis d’être en contact direct avec les préoccupations des exportateurs, qu’il s’agisse de grandes entreprises ou de PME, à Casablanca comme dans les régions. Aujourd’hui, je souhaite mettre cette expérience au service d’une ASMEX plus forte, plus moderne, plus influente et davantage tournée vers les résultats.

Vous présentez votre candidature comme une réponse à un moment charnière. Quels constats vous ont décidé à vous engager ?

Ma candidature est une candidature de conviction et de responsabilité. L’ASMEX arrive à un moment charnière de son histoire. Les mutations économiques mondiales, les nouvelles exigences réglementaires, la transformation numérique, la transition environnementale et la concurrence internationale imposent à notre organisation de franchir une nouvelle étape.

Je suis candidat parce que je suis convaincu que l’ASMEX doit renforcer son rôle de fédérateur de tous les exportateurs marocains. Nous devons disposer d’une organisation plus représentative, plus visible et plus influente, capable de défendre efficacement les intérêts de ses membres.

Mon ambition est aussi de replacer l’exportateur au cœur de l’action. Les entreprises attendent davantage de proximité, de services, d’accompagnement et de résultats. L’ASMEX doit être une organisation utile, agile et moderne, capable d’apporter des réponses concrètes aux défis du terrain.

Gouvernance, services, digitalisation : comment comptez-vous transformer l’ASMEX en outil plus efficace ?

Mon programme repose sur une idée simple : faire de l’ASMEX la maison commune de tous les exportateurs marocains. Cela suppose d’abord une gouvernance collective, transparente et efficace. Chaque administrateur, chaque commission et chaque membre doit pouvoir contribuer à la définition des priorités et à la mise en œuvre des actions.

Le deuxième axe consiste à renforcer l’accompagnement des exportateurs, notamment des PME-PMI. Beaucoup d’entreprises marocaines disposent d’un savoir-faire remarquable, mais elles ont besoin d’un appui plus structuré pour accéder à de nouveaux marchés, répondre aux exigences réglementaires, améliorer leur compétitivité ou mobiliser les bons outils de financement.

Le troisième axe porte sur la modernisation de l’ASMEX. Nous devons accélérer la digitalisation des services, simplifier les interactions avec les membres et développer des outils innovants. Une plateforme intelligente, intégrant l’intelligence artificielle, pourrait fournir des alertes réglementaires, des analyses sectorielles, des opportunités de marché et des informations stratégiques adaptées aux besoins des exportateurs. Avec ASMEX Academy, nous voulons aussi renforcer les compétences des entreprises dans toutes les régions du Royaume.

PME exportatrices et régions restent souvent les maillons les plus exposés. Quelle réponse spécifique l’ASMEX doit-elle leur apporter ?

Les PME sont au cœur de l’avenir de l’export marocain. Elles créent de la valeur, innovent, emploient et portent souvent une forte capacité de croissance internationale. Mais ce sont aussi elles qui rencontrent le plus de difficultés pour accéder aux marchés, absorber les coûts de conformité, financer leur développement ou structurer leur présence à l’international.

L’ASMEX doit devenir un véritable partenaire de croissance pour ces entreprises. Cela passe par une cellule permanente d’écoute et d’accompagnement, des services à forte valeur ajoutée, des formations ciblées et un accès simplifié à l’information stratégique.

Le Maroc exportateur ne se résume pas à Casablanca. Des entreprises performantes sont implantées à Tanger, Agadir, Marrakech, Fès, Meknès, Nador, Laâyoune et dans d’autres régions. L’ASMEX doit être présente partout où se trouvent ses membres. Les besoins d’une entreprise exportatrice à Agadir ou à Tanger ne sont pas toujours les mêmes qu’à Casablanca. Notre organisation doit donc apporter des réponses adaptées aux réalités territoriales.

À l’horizon 2030, quelle place voulez-vous donner à l’ASMEX dans l’écosystème économique marocain ?

Je souhaite une ASMEX reconnue, à l’horizon 2030, comme l’une des organisations professionnelles les plus performantes et les plus influentes du continent africain. Une ASMEX qui rassemble, qui défend, qui accompagne et qui contribue directement au développement des exportations marocaines.

L’ASMEX de demain devra être orientée vers les services et la création de valeur pour ses membres. Les entreprises devront y trouver des solutions concrètes, des outils performants, un accompagnement personnalisé et une capacité d’anticipation des évolutions internationales.

Enfin, je veux une ASMEX qui pèse davantage dans les décisions économiques. Les exportateurs contribuent à la croissance, à l’emploi, aux recettes en devises et au rayonnement international du Maroc. Ils doivent être mieux associés aux décisions qui influencent leur compétitivité. Notre rôle n’est pas seulement de revendiquer, mais de proposer des solutions réalistes, fondées sur l’expérience du terrain. Mon ambition est de laisser une ASMEX plus forte, plus moderne et plus influente que celle dont nous avons hérité.

Aziz Mantrach, l’export comme boussole

Entrepreneur et expert du commerce international, Aziz Mantrach cumule près de quarante ans d’expérience dans l’export, le transport maritime, la logistique et le conseil en commerce extérieur. Il a exercé de hautes responsabilités dans des entreprises exportatrices et au sein d’organisations professionnelles nationales et internationales.

Ancien président de la FONASBA à Londres, organisation mondiale du transport maritime, il a également présidé pendant plus de quinze ans l’APRAM au Maroc. Administrateur au sein de PORTNET, il a contribué aux chantiers de modernisation du commerce extérieur marocain.

Au sein de l’ASMEX, il a occupé les fonctions de vice-président et de président du pôle logistique. Sa candidature à la présidence de la Confédération marocaine des exportateurs s’articule autour d’une ambition : bâtir une ASMEX forte, unie, moderne, durable, proche de ses membres et capable d’influencer les politiques publiques au service de la compétitivité exportatrice du Maroc