Selon El Faro de Ceuta, qui cite un rapport confidentiel transmis à l’Audience nationale espagnole, cette nouvelle galerie aurait été envisagée dans une zone plus intérieure du périmètre frontalier, avant la finca Berrocal, contrairement aux deux précédents tunnels découverts dans le secteur du Tarajal.
Les enquêteurs de l’Unité de lutte contre la drogue et le crime organisé (UDYCO) s’appuient notamment sur des écoutes téléphoniques faisant état de l’avancement du chantier. Dans l’une d’elles, le supposé constructeur du tunnel affirme : “À l’intérieur, il me manque 40 mètres.” Les conversations interceptées évoquent aussi la nécessité de faire entrer clandestinement une personne depuis le Maroc vers Sebta afin de coordonner les travaux pendant au moins un mois.
Le rapport relève également l’inquiétude des membres du réseau face aux patrouilles de la gendarmerie marocaine dans les environs. “Les gendarmes passent tous les jours par là… S’ils voient que les gens entrent et sortent… S’ils se retirent, j’en assume la responsabilité”, aurait déclaré l’un des suspects, selon les éléments rapportés par le média espagnol.
D’après l’UDYCO, l’organisation criminelle cherchait non seulement à faire transiter sa propre marchandise, mais aussi à contrôler l’entrée du haschisch à Sebta. Le réseau aurait ainsi voulu imposer une forme de “péage” sur chaque kilo introduit par d’autres groupes via cette voie souterraine.
La Police nationale espagnole estime disposer “d’indices solides” sur la préparation de ce troisième narcotunnel, notamment après l’interception de structures métalliques fabriquées sur commande pour renforcer la galerie. Le rapport qualifie les faits “d’extrême gravité”, en raison de la sophistication du projet, des volumes de drogue en jeu et du profil du groupe, présenté comme l’un des plus actifs et dangereux du sud de l’Espagne.
Toujours selon El Faro de Ceuta, les investigations se poursuivent devant les juges numéros 3 et 6 de l’Audience nationale. L’opération Hades, menée notamment avec les Affaires internes de la Garde civile, l’UCO et le CRAIN, demeure en instruction, tandis que l’opération Ares de la Police nationale a déjà donné lieu à près de trente arrestations entre l’Espagne et le Maroc.
Les deux tunnels précédemment découverts restent, eux, scellés et placés sous surveillance.
