Driss El Azami El Idrissi : “Les Marocains ne veulent pas seulement supprimer GMT+1, mais aussi la hausse des prix”

Driss El Azami El Idrissi, vice-secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD), a vivement critiqué la gestion par le gouvernement des dossiers économiques et sociaux, estimant que les Marocains “ne veulent pas seulement supprimer l'heure supplémentaire (GMT+1, ndlr), mais aussi la hausse des prix”, en référence à la hausse du coût des produits de première nécessité, notamment de la viande.

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S’exprimant dimanche à Rabat lors de la rencontre des cadres féminines de son parti, Driss El Azami El Idrissi a déclaré que « la viande, qui se vendait entre 60 et 70 dirhams le kilogramme à l’époque du gouvernement du PJD, est aujourd’hui vendue à 120 dirhams », estimant qu’« il n’existe aucune inflation dans le monde qui puisse justifier une hausse de 100 % ».

Le dirigeant du PJD s’en est également pris au chef du gouvernement, l’accusant d’être incapable de maîtriser les dossiers économiques et financiers. Selon lui, « l’investissement est à l’arrêt sous son mandat » et « la nouvelle Charte de l’investissement n’a produit aucun résultat ».

Driss El Azami El Idrissi a par ailleurs dénoncé ce qu’il considère comme une mauvaise gestion des finances publiques, marquée par une augmentation de l’endettement et par la vente d’actifs de l’État suivie de leur relocation, une pratique qui, selon lui, alourdit les charges budgétaires. Il a affirmé qu’« il existe un véritable problème au niveau de l’économie et de la gestion des finances publiques », imputant cette responsabilité au chef du gouvernement, à la ministre de l’Économie et des Finances ainsi qu’au ministre délégué chargé du Budget.

Dans le même registre, il a reproché au gouvernement son incapacité à réformer le système des retraites, rappelant que le gouvernement du PJD dirigé par Abdelilah Benkirane avait, selon lui, assumé ses responsabilités dans ce dossier et sauvé quelque 400.000 retraités, alors que la Caisse marocaine des retraites se dirigeait vers un épuisement de ses ressources en 2022.

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Driss El Azami El Idrissi a également défendu la réforme de la Caisse de compensation, qu’il a qualifiée de « véritable réforme courageuse », estimant qu’elle a permis de préserver le budget de l’État et de dégager des ressources pour financer les salaires des fonctionnaires, l’éducation, la santé et l’aide sociale directe. Il a appelé les membres de son parti à la défendre, selon ses propres termes.

Il a aussi pris la défense du recrutement par contrat dans l’enseignement, expliquant que cette mesure avait été adoptée à une période où les classes accueillaient entre 50 et 80 élèves et où les recrutements ne dépassaient pas 5.000 enseignants par an. Ce chiffre est ensuite passé à environ 18.000 recrutements annuels. Selon lui, qualifier cette décision de « malédiction » revient à dénigrer une politique qui a permis à des milliers de diplômés d’accéder à la fonction publique.

Enfin, Driss El Azami El Idrissi a estimé que « dès que le brouillard commence à se dissiper sur la scène politique, il est aussitôt recréé », ajoutant que son parti devait continuer à jouer pleinement son rôle, tant pour défendre son bilan à la tête du gouvernement et des collectivités que pour exercer son rôle d’opposition en dénonçant les dysfonctionnements.