Narcotunnel de Sebta : la DGSN a commencé les interpellations

Arrêté la semaine dernière au poste-frontière de Bab Sebta, Rachid Benjaâfari figure parmi les trente personnes visées par l’enquête espagnole sur le réseau de trafic de haschich lié au tunnel découvert récemment à Sebta. Les enquêteurs le relient à une camionnette présentée comme un maillon de la logistique utilisée pour le transport des cargaisons de drogue.

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Un tunnel de plusieurs dizaines de mètres de long a été découvert le 19 février 2025 entre le Maroc et l'enclave espagnole de Sebta dans le cadre d'une opération visant les trafiquants soupçonnés de faire entrer du haschisch en Espagne. Crédit: Guardia Civil

Près de deux mois après l’inscription de son nom sur la liste des personnes recherchées dans le cadre de la vaste enquête espagnole sur le réseau de trafic de drogue lié au tunnel de Sebta, Rachid Benjaâfari a été arrêté la semaine dernière par les autorités marocaines au poste-frontière de Bab Sebta, en exécution d’un avis de recherche émis à son encontre.

D’après les informations de TelQuel Arabi, son nom figure parmi les trente personnes citées dans le procès-verbal de l’Unité de lutte contre les stupéfiants et le crime organisé de la police nationale espagnole. Ce document détaille le fonctionnement présumé d’un vaste réseau spécialisé dans le stockage, le transport et la distribution de grandes quantités de haschich entre le Maroc, Sebta, la péninsule Ibérique et plusieurs pays européens.

Une camionnette placée au cœur du dispositif logistique

Selon les enquêteurs, Rachid Benjaâfari, né au Maroc en 1993 et domicilié dans le quartier d’Agropasion Fuerte à Sebta, est le propriétaire d’une camionnette Piaggio Porter immatriculée 0501FCX. Ce véhicule occupe une place importante dans l’enquête après avoir été repéré à plusieurs reprises lors d’opérations de surveillance visant des membres présumés du réseau.

Le procès-verbal indique que la camionnette a été observée au cours de déplacements considérés comme “opérationnels” par la police. Elle était alors conduite par Redouane Abdallah Mohamed, tandis qu’un motocycliste jouait le rôle de “lanzadera”, un éclaireur chargé de précéder le véhicule principal afin de sécuriser l’itinéraire et de signaler toute présence policière.

Les enquêteurs affirment que ces déplacements s’inscrivaient dans un dispositif de contre-surveillance organisé dans la zone d’Arcos Quebrados, considérée comme l’un des principaux points d’activité du réseau. Les équipes de surveillance ont toutefois perdu la trace du véhicule après son entrée dans ce secteur, sans pouvoir déterminer sa destination finale.

L’enquête a également révélé que la camionnette ne disposait plus d’une assurance valide depuis septembre 2024 et que son contrôle technique était expiré depuis février 2023. Sur cette base, les enquêteurs estiment que le véhicule était utilisé exclusivement pour des activités liées au trafic de stupéfiants, l’absence de tout usage légal apparent venant, selon eux, étayer cette hypothèse.

Répartition précise des tâches

Rachid Benjaâfari figure ainsi parmi les trente personnes que la police considère comme liées à l’organisation visée par l’enquête. Selon le procès-verbal, le réseau reposait sur une répartition précise des tâches entre les personnes chargées du stockage, du transport, de la surveillance et de la logistique.

Les enquêteurs relient ces activités à plusieurs saisies importantes de drogue réalisées au cours de l’enquête. Plus de 510 kilogrammes de haschich ont notamment été découverts dans une habitation du quartier Prince Alfonso, tandis qu’une autre opération a permis la saisie de plus de 432 kilogrammes dans un bien immobilier situé à Cabrerizas Altas. Les autorités estiment que les véhicules utilisés par les membres du réseau ont joué un rôle essentiel dans l’acheminement de ces cargaisons entre différents lieux de stockage.

Le procès-verbal ne contient toutefois aucun élément indiquant que Rachid Benjaâfari ait été surpris en flagrant délit de transport de stupéfiants ou qu’il ait participé directement aux opérations de livraison. Son implication présumée repose principalement sur la propriété du véhicule que les enquêteurs considèrent comme l’un des moyens logistiques utilisés par le réseau.

À ce stade, les soupçons formulés à son encontre restent soumis à l’appréciation de la justice et aux développements à venir de l’enquête.

Dans le dossier, Rachid Benjaâfari n’apparaît pas comme l’un des principaux responsables présumés du réseau, mais comme un acteur que les enquêteurs soupçonnent d’avoir mis à disposition un moyen de transport utilisé dans l’une des plus importantes affaires de trafic de haschich ayant secoué Sebta ces derniers mois.

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