Chambre des représentants : "Chiites", "communistes", la séance de questions orales suspendue après un incident

Le débat sur les prix des moutons de l’Aïd s’est transformé en vive polémique, ce lundi, dans l’hémicycle de la Chambre des représentants, lors de la séance des questions orales. Des propos tenus par Idriss Chattibi, président de séance, à l’encontre des membres du groupe parlementaire du Parti de la justice et du développement (PJD), ont suscité une forte contestation de leur part, après qu’il a qualifié leurs positions de “chiites” et de “communistes”, en référence au contenu de leurs rappels au règlement.

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Mustapha Ibrahimi, membre du groupe parlementaire du PJD, a demandé le retrait de ces expressions du procès-verbal, affirmant que les membres du groupe sont “Marocains et non chiites”. Il a estimé que les propos tenus par la présidence de séance ne sont pas conformes aux exigences de la gestion du débat parlementaire, d’autant que Chattibi a, dans un premier temps, maintenu sa position, affirmant qu’il s’agissait de son avis sur les “comportements” des députés du groupe dans l’hémicycle, tout en les accusant de ne pas respecter la présidence ni l’institution parlementaire.

La tension est montée dans la salle après un échange d’accusations entre le président de séance et plusieurs députés. Chattibi a menacé d’appliquer la loi à l’encontre de certains intervenants, tandis que des députés continuaient de réclamer la parole et le retrait des expressions controversées du procès-verbal, avant que des appels à suspendre temporairement la séance ne se multiplient.

Face à la persistance de la tension, la séance a été levée afin d’apaiser les esprits et de mener des concertations autour de ce qui venait de se produire, avec un appel à une réunion des membres du bureau pour dépasser l’état de crispation qui avait marqué les travaux.

Après la reprise, Fatima Tamni, députée de la Fédération de la gauche démocratique, a protesté contre le retard pris avant le retour en séance, s’adressant à Chattibi en ces termes : “Vous avez dit cinq minutes et c’est devenu 25 minutes. Il est de votre devoir de respecter les députées et les députés, et il ne vous appartient pas de distribuer des classifications doctrinales au sein de la séance.”

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Le président de séance a présenté ses excuses pour ses propos à l’égard des députés du PJD et a demandé le retrait du terme “chiites” du procès-verbal, estimant qu’il avait été prononcé hors du cadre du débat parlementaire. De son côté, Ibrahimi a également présenté ses excuses si ses propos avaient dépassé le cadre du débat.

Après la reprise de la séance, le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, est revenu sur ses déclarations concernant les prix des moutons de l’Aïd. Après avoir évoqué, dans un premier temps, l’existence de moutons à 1000 dirhams, il a précisé que les prix pourraient plutôt se situer autour de 2000 ou 2500 dirhams, ajoutant que l’offre est disponible sur les marchés et que les prix devraient baisser dans les prochains jours.