Dans une déclaration à TelQuel Arabi, Ibrahimi a affirmé que l’opération d’identification du bétail présente plusieurs avantages essentiels. Elle permet d’abord de connaître l’origine de chaque animal, sa provenance, son état sanitaire, ainsi que de savoir s’il a fait l’objet d’un contrôle vétérinaire et d’une vaccination. Il a expliqué que cette opération est également liée au soutien accordé aux éleveurs, soulignant que ce soutien est censé être attribué sur la base de têtes de bétail recensées et connues. Or, a-t-il insisté, “pour que le bétail soit recensé, il doit être identifié”.
Le député a ajouté que, dans certains marchés, lorsqu’on interroge les éleveurs et les vendeurs pour savoir si toutes les bêtes exposées disposent d’une identification, il apparaît que ce n’est pas le cas pour l’ensemble du cheptel. Une situation qui soulève, selon lui, plusieurs questions sur l’état sanitaire de ces animaux, leur éventuel contrôle vétérinaire et leur vaccination, leur origine réelle, la région dont ils proviennent, ou encore le fait qu’ils puissent venir de zones connues, de régions éloignées ou par des voies illégales.
Il a souligné que l’absence d’identification signifie l’absence de garanties liées à la traçabilité de l’origine du bétail et à son état sanitaire. Elle pose également la question de la base sur laquelle le soutien est accordé, dès lors que celui-ci doit être attribué à partir de têtes de bétail recensées et identifiées.
Le parlementaire a précisé qu’il ne s’agit pas de cas individuels isolés ou d’un petit nombre d’animaux, comme une personne possédant une ou deux têtes, mais, selon ce qu’il a constaté, de quantités importantes de bétail non identifié dans les marchés, pouvant parfois concerner des troupeaux entiers. Ce constat révèle, selon lui, des insuffisances dans l’opération d’identification à l’échelle nationale.
Selon la question écrite adressée au ministre, dont TelQuel Arabi détient copie, l’opération d’identification du bétail au Maroc, supervisée par l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), dans le cadre du système national d’identification et de traçabilité des animaux, vise plusieurs objectifs stratégiques, à la fois sanitaires et économiques.
Ibrahimi a expliqué que le principal objectif consiste à assurer la traçabilité des animaux, à travers la documentation de l’identité individuelle de chaque tête de bétail, qu’il s’agisse d’ovins, de caprins ou de bovins. Cette démarche vise à faciliter le suivi de leurs déplacements ainsi que celui des produits qui en sont issus. Il a également indiqué que l’identification permet de garantir la sécurité sanitaire, en surveillant l’état de santé du cheptel, en facilitant les mesures de vaccination et de prévention des maladies, et en maîtrisant les déplacements sanitaires des animaux.
Dans sa question, Ibrahimi s’est aussi arrêté sur le rôle de l’identification dans le recensement du cheptel national, à travers la constitution d’une base de données précise sur le nombre de têtes de bétail au Maroc, estimé à environ 32,8 millions en 2025, ainsi que sur leur répartition. Ces données contribuent, selon lui, à la planification agricole. Il a ajouté que l’identification permet également de soutenir les éleveurs, en aidant les autorités à orienter les aides directes, telles que le soutien aux aliments de bétail ou les programmes de reconstitution du cheptel, vers les véritables bénéficiaires, tout en garantissant la transparence de la distribution.
Il a ajouté que cette opération vise aussi à organiser l’Aïd Al-Adha, afin de garantir la qualité et la sécurité sanitaire des bêtes destinées au sacrifice avant leur arrivée chez le consommateur, et d’éviter la fraude. Or, relève la même question, la plupart des marchés dédiés à la vente des sacrifices de l’Aïd à l’échelle nationale, notamment dans la province de Kénitra, comptent un grand nombre de bêtes non identifiées, dont l’origine, l’état sanitaire et l’éventuelle vaccination restent inconnus.
Ibrahimi a estimé que cette situation met à l’épreuve la crédibilité des chiffres communiqués par le ministère de l’Agriculture concernant le nombre de têtes d’ovins, de bovins et de caprins, dont les derniers ont été annoncés le 14 mai 2026, ainsi que l’état de reconstitution du cheptel national.
Le député a demandé au ministre de l’Agriculture si son département comptait ouvrir une enquête à ce sujet, à travers l’envoi de commissions d’inspection dans les marchés dédiés à la vente des sacrifices. Il l’a également appelé à dévoiler les mesures urgentes qui seront prises pour généraliser l’identification à l’ensemble du cheptel, notamment afin de maîtriser la situation sanitaire des sacrifices de l’Aïd.
