Selon des informations rapportées par des médias espagnols, la Société espagnole d’études pour la liaison fixe à travers le détroit de Gibraltar (Secegsa), relevant du ministère des Transports, a annoncé l’annulation d’un appel d’offres visant à contracter une assurance garantissant la protection juridique et administrative de ses hauts responsables, faute de soumissionnaires dans les délais impartis.
Le marché visait à assurer le président de la société, les membres de son conseil d’administration ainsi que les directeurs exécutifs, y compris des représentants des deux parties espagnole et marocaine, contre d’éventuelles réclamations liées à des erreurs de gestion, à la négligence ou à des décisions prises dans le cadre du projet.
La couverture proposée incluait également les frais de défense judiciaire, la protection de la réputation professionnelle, ainsi que les responsabilités comptables potentielles liées au contrôle d’instances officielles telles que la Cour des comptes espagnole.
Les mêmes sources indiquent que le contrat devait coûter plus de 6.200 euros par an, avec une possibilité de prolongation sur cinq ans, tandis que le plafond de couverture était fixé à environ 1,64 million d’euros.
Cette évolution intervient alors que Madrid et Rabat misent sur l’accélération des études techniques liées au projet, remis au centre des priorités depuis 2022 après l’amélioration des relations bilatérales, l’Espagne ayant injecté plus de 9,6 millions d’euros dans la société en charge.
Selon les plans annoncés, une mise à jour de la conception technique finale du tunnel est attendue dans les prochains mois, suivie du lancement d’un tunnel expérimental destiné à étudier la structure géologique du fond du détroit.
Le projet de liaison fixe entre le Maroc et l’Espagne figure parmi les plus grands projets stratégiques entre l’Europe et l’Afrique. Les estimations initiales indiquent que sa réalisation pourrait s’étendre sur une dizaine d’années, pour un coût avoisinant 8,5 milliards d’euros du seul côté espagnol.
