Ce qui se plaide → Emmerson 1, Maroc 0

Le tribunal arbitral du CIRDI, la juridiction internationale chargée des litiges entre États et investisseurs privés, a rejeté la demande de bifurcation déposée par le Maroc dans le litige l’opposant à la société britannique Emmerson. Rabat souhaitait que ses objections de compétence soient tranchées en priorité, avant tout examen du fond. Le tribunal a refusé : les deux questions seront examinées conjointement. Ce rejet ne préjuge pas de l’issue finale. Les objections du Maroc restent valides mais seront examinées simultanément aux griefs d’Emmerson, qui réclame 1,215 milliard de dollars liés au blocage de son projet de mine de potasse à Khémisset. Le refus d’approbation de l’étude d’impact environnemental par la Commission régionale unifiée d’investissement est au cœur du litige. Pour le Maroc, la stratégie judiciaire se complique. L’arbitrage change de dimension : compétence et fond seront tranchés simultanément, ce qui alourdira le coût et la durée de la procédure.
Ce qui se partage → OCP Nutricrops et Koch remettent le couvert

OCP Nutricrops et l’Américain Koch Ag & Energy Solutions ont signé un accord portant sur l’entrée de Koch au capital de Jorf Fertilizers Company I, filiale d’OCP Nutricrops à Jorf Lasfar. Les deux partenaires détiendront chacun 50% de cette nouvelle coentreprise, qui exploite une unité de production d’engrais phosphatés d’une capacité annuelle de 1,2 million de tonnes. Cette opération prolonge le partenariat noué en 2022 avec Kofert, également détenue à 50/50. Les deux coentreprises représenteront ensemble une capacité d’environ 2,5 millions de tonnes par an, ciblant principalement les marchés nord-américains. L’opération reste soumise aux autorisations réglementaires d’usage. Pour OCP, s’associer à Koch sur deux unités de production consolide un partenariat stratégique avec l’un des principaux acteurs mondiaux de l’agrochimie. Un modèle qui sécurise les débouchés commerciaux et mutualise les risques industriels.
Ce qui se cède → La CDG sort du capital direct de CIH Bank

La Caisse de dépôt et de gestion a cédé, le 14 juillet, 1,8 million d’actions CIH Bank sur le marché de blocs, au prix unitaire de 354 dirhams, franchissant à la baisse le seuil de 5% de participation directe. À l’issue de la transaction, la CDG ne détient plus aucune action en direct dans la banque. Elle conserve toutefois une participation indirecte de 55,15% via sa filiale Massira Capital Management et prévient qu’elle n’a pas l’intention de céder d’autres titres dans les six prochains mois. Elle continuera par ailleurs à siéger au conseil d’administration. Cette restructuration de participation est technique, mais significative : la CDG consolide son contrôle via une filiale dédiée plutôt qu’en direct, une logique de rationalisation de son portefeuille bancaire dans un contexte de recomposition du secteur.
Ce qui se connecte → Rabat et Lisbonne, un courant qui cherche Bruxelles

Le Maroc et le Portugal ont annoncé à Lisbonne leur intention de solliciter conjointement le statut de « Projet important d’intérêt européen commun » pour leur interconnexion électrique sous-marine. Ce label ouvrirait l’accès aux financements européens. Les deux pays prévoient également un appel à manifestation d’intérêt pour associer des acteurs privés au financement. Le coût du projet n’a pas été dévoilé, les estimations de 2018 – 800 millions d’euros – étant jugées dépassées. Un sommet bilatéral Maroc-Portugal est envisagé début 2027 pour accélérer le dossier. Plus qu’une infrastructure, ce câble représente, pour le Maroc, un accès direct au marché européen de l’électricité, stratégique pour exporter les futures capacités en énergies renouvelables du royaume.
