Maroc-Espagne : le tunnel sous le détroit est techniquement viable, selon une étude

Une étude commandée par le gouvernement espagnol à l'entreprise allemande Herrenknecht, spécialisée dans la construction de gros tunneliers, conclut que le projet de tunnel sous-marin reliant l’Espagne au Maroc est techniquement viable, rapporte la presse espagnole. Ce projet titanesque, à l’étude depuis plus d’un demi-siècle, permettrait de connecter directement l’Europe et l’Afrique par voie ferroviaire sous le détroit de Gibraltar.

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Dessin du projet de tunnel sous le détroit de Gibraltar, entre le Maroc et l'Espagne. Crédit: SECEGSA

Selon l’étude, la technologie actuelle rend possible la construction de cette infrastructure malgré la complexité géologique du seuil de Camarinal, point le plus délicat du tracé, rapporte le média Vozpópuli.

La Société espagnole Secegsa, dépendant du ministère des Transports, a reçu le rapport en juin et prépare déjà les étapes suivantes : une mise à jour du projet en 2026 et une décision conjointe hispano-marocaine en 2027 pour lancer un tunnel exploratoire.

8,5 milliards d’euros pour la première phase

Le plan prévoit un tunnel bitube de 65 kilomètres, dont 40 sur territoire espagnol, avec un terminal à Vejer de la Frontera et un raccordement ferroviaire à la ligne Cadix–Séville. Les coûts de la première phase dépasseraient 8,5 milliards d’euros, et la durée des travaux est estimée entre six et neuf ans.

Les premières réalisations concrètes pourraient intervenir vers 2030, à l’occasion du Mondial de football coorganisé par l’Espagne et le Maroc, même si un horizon plus réaliste situe les avancées majeures autour de 2035–2040.

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Le projet, soutenu par les fonds européens Next Generation, s’inscrit dans une dynamique de coopération renforcée entre Madrid et Rabat depuis 2023, après le rapprochement diplomatique sur la question du Sahara. Il est conçu comme un corridor stratégique pour les flux de passagers, de marchandises, d’énergie et de données, grâce notamment à l’intégration de fibres optiques et d’interconnexions électriques.

Des études complémentaires sont menées avec le Service géologique des États-Unis et l’expertise norvégienne du tunnel Rogfast, afin d’optimiser la conception et la sécurité du projet.

Pour l’Espagne et le Maroc, ce tunnel représente une opportunité géopolitique majeure : faire de la péninsule Ibérique un pont euro-africain et consolider son rôle dans le réseau de transport euroméditerranéen.

Après des décennies d’études, cette confirmation technique marque un tournant historique, transformant un vieux rêve politique et scientifique en objectif réalisable.