Incarcération d'Ibtissame Lachgar : la DGAPR dément les accusations du journal “Le Monde”

Ibtissame “Betty” Lachgar Crédit: DR

Face aux accusations relayées par le journal français “Le Monde” sur les conditions de détention de la militante féministe Ibtissame Lachgar, la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR) a pris la parole. Dans un communiqué publié le 18 mars, elle conteste les faits rapportés et affirme que la détenue bénéficie de soins adaptés à son état de santé.

Dans cet article intitulé : « Ibtissame Lachgar, militante féministe en prison au Maroc, en appelle à la grâce royale après avoir perdu l’usage d’un bras », publié le 17 mars, le journal français relaie les inquiétudes de proches de la militante, dont son avocate en France, quant à ses conditions de détention. D’autant que, écrit le journal, sa prothèse de l’humérus s’est détachée pendant sa détention.

D’autres griefs sont soulevés par Le Monde. En dépit de son handicap, la psychologue de formation reste soumise à un régime carcéral éprouvant : elle dort sur une dalle en ciment recouverte de couvertures, n’a pas droit aux promenades collectives avec les autres prisonniers de droit commun et ne peut ni envoyer ni recevoir de courrier. Seules trente minutes d’appels téléphoniques lui sont autorisées chaque semaine, vers un seul numéro. « Une atteinte à sa dignité et un refus de soins adaptés à sa situation », accuse Me Ardakani.

Dans un communiqué diffusé dans l’après-midi du mercredi 18 mars, la DGAPR affirme qu’Ibtissame Lachgar partage, avec trois autres détenues, une cellule réunissant toutes les conditions sanitaires nécessaires et bénéficie des promenades collectives lors desquelles elle exerce la marche, sauf quand celles qui partagent sa cellule rejoignent les salles de formation professionnelle.

La DGAPR ajoute que la militante bénéficie des visites familiales et a même reçu la visite de l’une de ses amies accompagnée de sa mère, et qu’elle dispose du droit de téléphoner à tous les membres de sa famille.

« Son état de santé actuel est normal et stable. Elle n’a subi aucune détérioration depuis son arrivée à l’établissement et bénéficie des soins de santé nécessaires, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’établissement pénitentiaire », ajoute la DGAPR, chiffres à l’appui : 13 consultations en interne et 8 à l’extérieur auprès d’un spécialiste en orthopédie-traumatologie. Ce spécialiste lui avait conseillé de se soumettre à une intervention chirurgicale le 12 mars 2026, mais elle aurait refusé par écrit, affirme la direction des prisons.

La même administration précise qu’Ibtissame Lachgar bénéficie d’un régime alimentaire spécial en raison des douleurs dont elle se plaint au niveau du système digestif.

Enfin, la DGAPR indique que la détenue a bénéficié d’une consultation à l’hôpital Arrazi des maladies psychiques et mentales le 12 novembre 2025, où des médicaments lui avaient été prescrits et fournis par le service médical de la prison.

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