Supporters condamnés : la Fédération sénégalaise de foot qualifie le jugement de “disproportionné”

La Fédération sénégalaise de football (FSF) a dénoncé vendredi dans un message à l'AFP un jugement d'une "sévérité incompréhensible" et "disproportionné" après la condamnation la veille par la justice marocaine de 18 supporters sénégalais, détenus au Maroc depuis la finale de la CAN mi-janvier, à des peines de trois mois à un an de prison.

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Un supporter sénégalais expulsé du stade après des actes de violences lors de la finale de la CAN 2026. Crédit: Yassine Toumi / TelQuel

Les prévenus étaient poursuivis devant le tribunal de Rabat pour « hooliganisme », accusation incluant des actes de violence notamment contre les forces de l’ordre, dégradation d’équipements sportifs, invasion de la pelouse et jets de projectiles, lors de la finale émaillée d’incidents remportée par le Sénégal.

Neuf d’entre eux ont été condamnés à un an de prison assorti d’une amende de 5.000 dirhams, six autres à six mois et 2.000 dirhams d’amende et les trois derniers à trois mois et à une amende de 1.000 dirhams.

« Nous exprimons notre profonde consternation et notre désarroi après le verdict rendu contre les 18 supporters sénégalais. Cette décision, d’une sévérité incompréhensible, suscite une vive indignation », a dit le président de la commission communication de la FSF, Bacary Cissé, sollicité par l’AFP.

« Injustice » VS violences délibérées

« Ce que nous considérons comme une forme d’injustice flagrante à l’encontre de nos compatriotes interpelle. Des échauffourées surviennent dans de nombreux stades à travers le monde, y compris chaque week-end au Maroc, sans pour autant entraîner de telles sanctions. Le traitement réservé à ces supporters paraît dès lors disproportionné », a ajouté M. Cissé.

« C’est incompréhensible », avait réagi jeudi auprès de l’AFP Me Patrick Kabou, l’avocat sénégalais des prévenus inscrit au barreau du Gers en France, dénonçant le fait que ses clients servent de « boucs émissaires ».

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« Ils ont délibérément voulu perturber le bon déroulement du match » et « commis des violences diffusées en direct sur des chaînes de télévision », a argué le représentant du ministère public.

Au cours de l’audience, les supporters ont réaffirmé « leur innocence » tout en disant « regretter » ces incidents, soulignant notamment que « les deux peuples », marocain et sénégalais, étaient « frères », d’après l’avocate de la défense, Naïma El Guellaf.

Un Français, jugé aux côtés des Sénégalais pour avoir jeté une bouteille d’eau, s’est vu infliger une peine de trois mois de prison et 1.000 dirhams d’amende.

Plus de 370.000 euros de dégâts matériels

Le 18 janvier, lors de la finale de la CAN à Rabat, le Sénégal s’était imposé 1-0 au terme d’un match chaotique. A la suite d’un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel de la deuxième mi-temps, juste après un but refusé au Sénégal, des supporters sénégalais avaient tenté d’envahir le terrain et lancé des projectiles vers la pelouse.

 

L’accusation s’appuie principalement sur les images des caméras du stade Moulay Abdellah ainsi que sur les certificats médicaux des membres des forces de l’ordre et des stadiers blessés, a précisé le parquet, qui a évalué les dégâts matériels à plus de 370.000 euros.

Fin janvier, la Confédération africaine de football (CAF) a infligé une série de sanctions disciplinaires, dont des amendes s’élevant à plusieurs centaines de milliers d’euros, aux deux fédérations pour comportements antisportifs et violations des principes de fair-play.

Selon l’avocat de la partie civile Mustapha Simou, qui représente 14 membres des forces de l’ordre, « ces sanctions ne dispensent pas les prévenus de leur responsabilité pénale, au contraire, elles confirment leur culpabilité, d’autant plus que le Sénégal ne les a pas contestées ».

(avec AFP)