Donald Trump avait déjà la Coupe du monde à portée de main avant même que l’Espagne ne la gagne. Installé au centre de sa loge vitrée, entre Gianni Infantino et Melania, le président américain regardait le trophée comme on contemple une nouvelle acquisition. Il le touchera, le présentera puis s’invitera sur le podium, refusant même de quitter le cadre lorsque Rodri veut soulever la coupe pour un moment de gloire nationale. Infantino devra doucement l’écarter. Pas trop vite, pas trop brusquement. On ne bouscule pas l’homme à qui l’on vient d’offrir la planète football.

La scène résume assez bien les trente-neuf jours précédents. Une folie des grandeurs entièrement assumée, où la Coupe du monde devait moins ressembler à une Coupe du monde qu’à tout ce que les États-Unis savent déjà vendre : du show, des célébrités, des places VIP, des pauses publicitaires et un président persuadé que chaque caméra est venue pour lui.
À la mi-temps de la finale, Madonna, Shakira, Justin Bieber, BTS et quelques autres stars se sont succédé lors du premier véritable “halftime show” de l’histoire du Mondial, parmi lesquelles Ronaldo et Ronaldinho, débarqués aux côtés de la reine de la pop sans vraiment savoir ce qu’ils faisaient là. La pause a duré 27 minutes et 24 secondes, presque deux fois la limite de quinze minutes prévue par les lois du jeu. Deux minutes de moins que le temps de jeu effectif de la première période jouée sous un soleil de plomb. Le football attendra que la régie lui rende le terrain.
