Ouverture du capital des pharmacies : un syndicat dénonce un risque pour la qualité des services

La Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc a adressé une correspondance au président de l’Ordre national des pharmaciens au sujet de la réunion du Conseil de la concurrence et de “la responsabilité dans la défense des constantes de la profession”.

Par

Crédit: DR
Crédit: DR

Cette démarche intervient après la convocation de l’Ordre par le Conseil de la concurrence à une réunion prévue le 17 février, dans le cadre du débat en cours autour de plusieurs points jugés essentiels pour l’avenir de l’exercice de la profession pharmaceutique au Maroc, notamment le principe d’ouverture du capital des pharmacies.

Dans cette lettre, dont TelQuel Arabi a reçu copie, la Confédération appelle le président de l’Ordre à assumer pleinement sa responsabilité dans la défense des fondements de l’exercice pharmaceutique et à exprimer clairement son refus de toute orientation susceptible de porter atteinte à l’indépendance du pharmacien ou d’affaiblir la sécurité pharmaceutique nationale.

Elle insiste également sur le fait que toute réforme devrait s’inscrire dans un véritable cadre participatif, respectueux de la représentativité des instances professionnelles et des acquis juridiques et réglementaires encadrant la profession.

La Confédération souligne la sensibilité et la délicatesse de la conjoncture actuelle, estimant que ces questions touchent au cœur du système pharmaceutique national. Selon elle, il ne s’agit pas seulement d’aspects organisationnels ou concurrentiels, mais bien des principes mêmes de l’exercice professionnel, de l’indépendance de la décision pharmaceutique et de la garantie de la continuité de la sécurité médicamenteuse du pays.

à lire aussi

Elle considère que l’ouverture du capital des pharmacies pourrait transformer la pharmacie, d’établissement de santé à vocation thérapeutique et humaine, en simple projet commercial, avec les risques que cela comporte pour la qualité des services, l’indépendance des décisions professionnelles et l’éthique de la pratique.

Elle met également en garde contre un déséquilibre économique qui pourrait fragiliser les pharmacies, notamment les petites et moyennes, et menacer la stabilité du réseau pharmaceutique national, pilier essentiel de l’accès des citoyens aux médicaments sur l’ensemble du territoire.

Enfin, la Confédération estime que la période actuelle exige une position claire et ferme, reflétant la volonté collective des pharmaciens et protégeant la profession contre toute dérive susceptible d’altérer sa mission et son rôle sanitaire essentiel.