Le Maroc veut assurer 60% de ses besoins en eau grâce au dessalement, selon Nizar Baraka

Le Maroc, qui subit sept années consécutives de sécheresse, prévoit de couvrir 60% de ses besoins en eau potable grâce à l’eau de mer dessalée d’ici 2030, contre 25% actuellement, a indiqué Nizar Barka. Le royaume accélère ainsi les investissements dans des usines de dessalement alimentées par des énergies renouvelables.

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Nizar Baraka, Ministre de l'Équipement et de l'Eau du Maroc, en octobre 2025. Crédit: Rachid Tniouni

Cette stratégie est jugée essentielle pour garantir un approvisionnement continu en eau et préserver le rôle du Maroc en tant que producteur et exportateur majeur de fruits et légumes dans un contexte de changement climatique, alors que les sécheresses ont asséché plusieurs grands barrages et appauvri les nappes phréatiques.

Le pays d’Afrique du Nord prévoit de produire 1,7 milliard de mètres cubes d’eau dessalée par an d’ici 2030, grâce aux projets en cours de construction et à de nouvelles usines dont les appels d’offres seront lancés dès l’année prochaine, a déclaré Nizar Baraka à Reuters jeudi, en marge du Congrès mondial de l’eau à Marrakech.

La plus grande usine — pour un investissement d’environ 10 milliards de dirhams (1 milliard de dollars) — sera implantée près de Tiznit. Elle aura une capacité de 350 millions de mètres cubes et alimentera les centres urbains du « grenier alimentaire » du pays ainsi que les zones agricoles, a-t-il précisé.

« Les études sont en cours dans le cadre de la préparation de l’appel d’offres, qui sera lancé d’ici la mi-année prochaine », a indiqué Baraka.

Outre les villes de Nador et de Tanger au nord, des usines sont également prévues à Rabat, en partenariat avec le groupe français Veolia, ainsi qu’à Tantan, où le gouvernement envisage la construction d’un port dédié à l’exportation d’hydrogène vert et d’ammoniac, a ajouté le ministre.

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Le Maroc exploite actuellement 17 usines de dessalement produisant 345 millions de mètres cubes par an. Quatre autres sont en construction, pour une capacité combinée de 540 millions de mètres cubes, et doivent être opérationnelles d’ici 2027, dont une installation majeure à Casablanca, la ville la plus peuplée du pays.

« Toutes les nouvelles usines de dessalement seront alimentées par des énergies renouvelables », a-t-il affirmé.

Le Maroc fait aussi face à une hausse des températures, qui accélère l’évaporation des réserves dans les barrages. Pour y répondre, des panneaux solaires flottants ont été installés sur un barrage près de Tanger afin de réduire l’évaporation, responsable de la perte de 30 % des eaux de surface du pays, selon Baraka. « L’expérience sera étendue aux barrages du sud et aux zones montagneuses », a-t-il renseigné.

(avec Reuters)