Le rappeur Maes condamné à 7 ans de prison

Le rappeur franco-marocain Maes a été condamné à sept ans de prison ferme par le tribunal de Tanger dans la nuit de mardi à mercredi. L'artiste, accusé d'avoir commandité l'assassinat d'un rival à Marrakech, a été reconnu coupable de constitution d'une bande criminelle et de tentative d'enlèvement. Sa défense conteste et plaide l'absence de preuves.

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Soupçonné d'avoir commandité plusieurs assassinats depuis Dubaï, le rappeur franco-marocain Maes a été interpellé à l'aéroport de Casablanca en janvier 2025. Crédit: DR

Dans la nuit de mardi à mercredi 26 novembre, la chambre criminelle de première instance de Tanger a prononcé une peine de 7 ans de prison ferme à l’encontre du rappeur franco-marocain Maes, de son vrai nom Walid Georgey.

D’après les informations du média local Tanja 7, l’artiste a été déclaré coupable de plusieurs chefs d’accusation : constitution d’une bande criminelle, tentative d’enlèvement et de séquestration, incitation à commettre des crimes et délits, ainsi que participation à ces actes. Selon les faits reprochés, le chanteur aurait commandité à un gang et à un “tueur à gages” l’assassinat d’un rival à Marrakech. Le complot a été déjoué suite à une tentative d’agression manquée à Tanger.

Walid Gergi avait été interpellé à Casablanca le 22 janvier 2025 après avoir quitté les Émirats arabes unis, craignant une extradition vers la France où un mandat d’arrêt international avait été lancé contre lui pour des faits similaires. Il a contesté l’ensemble des accusations portées contre lui.

Ses avocats ont plaidé l’absence totale de preuves et qualifié le dossier de “vide”, soutenant qu’aucun élément n’établissait de lien entre leur client et les personnes arrêtées, notamment le dénommé “Mourad”, considéré comme le chef présumé du réseau et principal accusé dans cette affaire.

Un refus d’extradition, mais pas l’impunité

Dans un entretien accordé à TelQuel il y a quelques semaines, Maître Rabii Chekkouri, avocat au barreau de Rabat, expliquait que si le Maroc refuse d’extrader Walid Gergi vers la France en vertu de l’article 4 de la convention bilatérale de 2008 (qui interdit de livrer ses propres ressortissants, ndlr), cela ne signifie pas pour autant l’impunité.

“Le principe de substitution impose au Maroc de juger lui-même ses nationaux lorsqu’il refuse leur extradition”, précisait-il. Dans le cas de Maes, le royaume dispose également de ses propres motifs de poursuites, l’artiste étant soupçonné de liens avec une nébuleuse criminelle impliquée dans le trafic d’armes à Tanger.

De la gloire au banc des accusés

L’affaire Maes trouve ses racines en 2020, alors que le rappeur était au sommet de sa carrière en France, troisième artiste rap le plus écouté dans l’Hexagone. Victime de tentatives de racket à Sevran, en banlieue parisienne, il aurait riposté par les armes, déclenchant une fusillade avant de s’exiler à Dubaï avec sa famille.

L’assassinat de son manager en France l’aurait ensuite poussé à franchir un point de non-retour en ordonnant des représailles mortelles contre les auteurs présumés du racket initial.

Début 2025, la pression s’intensifie. Sous le coup d’un mandat d’arrêt international et face à l’annonce d’une visite du ministre français de l’Intérieur aux Émirats, Maes quitte précipitamment Dubaï pour se réfugier au Maroc, pensant être protégé par sa nationalité marocaine. Erreur de calcul : il est interpellé dès son arrivée à l’aéroport de Casablanca le 22 janvier 2025.

Sa chute est documentée dans L’Empire : enquête au cœur du rap français, vaste récit d’investigation publié le 29 octobre par trois journalistes français.

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