Selon les dernières données scientifiques présentées lors d’une conférence de presse par Grammenos Mastrojeni, Secrétaire général adjoint principal de l’UpM, et par Magda Bou Dagher Kharrat, chercheuse principale à l’Institut européen des forêts et membre du MedECC, la Méditerranée se réchauffe 20 % plus vite que la moyenne mondiale, avec un réchauffement déjà estimé à 1,5°C.
Les projections tablent sur une hausse comprise entre 2,2 et 5,6°C d’ici la fin du siècle, selon les niveaux d’émission.
La région, ont-ils averti, cumule les vulnérabilités : baisse prévue des précipitations de 10 à 30 %, stress hydrique accentué pour les agricultures et les villes, recul de la productivité des cultures emblématiques telles que les olives et le blé, effondrement des stocks halieutiques et multiplication des maladies liées à la chaleur et à la pollution atmosphérique.
Mais c’est sur le littoral que la menace se fait la plus tangible. La montée du niveau de la mer, de 2,8 mm par an actuellement, pourrait atteindre un mètre d’ici 2100, redessinant les côtes et exposant des villes comme Tanger, Alexandrie, Venise, Barcelone ou Izmir à des risques majeurs d’inondation.
Jusqu’à 20 millions d’habitants pourraient être déplacés de façon permanente si les tendances actuelles se confirment.
Pour Mastrojeni, « la Méditerranée n’est pas seulement un berceau de civilisation, elle est aujourd’hui un thermomètre du dérèglement climatique mondial. Si nous parvenons à y construire la résilience, nous pourrons inspirer d’autres régions du monde ».
Face à ce constat, l’UpM mise sur le Pavillon méditerranéen, installé pour la troisième année consécutive à la COP, afin de porter une voix commune dans les négociations et de transformer la connaissance scientifique en leviers d’action.
De son côté, le réseau MedECC prépare la publication de son deuxième rapport d’évaluation pour 2026. Ce document actualisera les connaissances scientifiques et visera à orienter les politiques publiques régionales et nationales.
Dans un contexte où un tiers de la population méditerranéenne vit sur le littoral, les intervenants ont appelé à une « mobilisation urgente et collective » pour renforcer la coopération scientifique et financière, accélérer l’adaptation et instaurer une gestion plus durable des ressources naturelles.
« Nous savons ce qu’il faut faire. La question, désormais, est de savoir si nous aurons le courage de le faire à temps », a conclu Mme Bou Dagher Kharrat.
(avec MAP)
