Dans ce courrier daté du 29 octobre, le président de la Confédération, Dr. Mohamed Lahbabi, exprime une « profonde inquiétude » face à des « décisions unilatérales aux conséquences graves sur la stabilité du secteur pharmaceutique national ».
Au cœur des griefs figure le projet de révision de la procédure de fixation des prix des médicaments. La Confédération reproche au ministère de la Santé d’avoir avancé dans la préparation du nouveau décret « sans prendre en considération aucune des propositions formulées par les pharmaciens, fruit de plusieurs années de travail des instances professionnelles ».
Selon l’organisation, cette approche « reproduit les erreurs passées qui ont conduit à l’échec de la précédente réforme, laquelle n’avait entraîné aucun réel allègement des prix des médicaments coûteux, se limitant à des mesures superficielles concernant les produits bon marché avec des baisses insignifiantes d’un ou deux dirhams ».
La Confédération dénonce également « le gel des dossiers de réforme du secteur pharmaceutique, pourtant conclus avec le ministère après plusieurs mois de travail sous le mandat du précédent ministre ». Elle accuse le ministre actuel d’avoir « choisi d’écarter la Confédération après des premiers échanges et de constituer une nouvelle commission, composée de syndicats de façade dépourvus de légitimité professionnelle ».
Une situation qualifiée de « violation manifeste des principes de concertation et de participation prônés par Sa Majesté le roi Mohammed VI ».
La lettre tire la sonnette d’alarme sur l’état du secteur : « un tiers des pharmacies marocaines sont aujourd’hui au bord de la faillite, un indicateur alarmant de la profondeur de la crise structurelle que traverse le secteur ».
La Confédération formule trois demandes : le retour du projet de décret à la table du dialogue, la mise en œuvre immédiate des réformes convenues auparavant, et l’ouverture d’un débat institutionnel sous la supervision de la Présidence du Gouvernement.
En cas de maintien du statu quo, l’organisation avertit qu’elle sera « contrainte, à regret, d’intensifier (sa) mobilisation pour défendre la dignité des professionnels et la pérennité du service pharmaceutique », après avoir déjà organisé le port de brassards noirs et un sit-in devant le ministère de la Santé.
