Prix des médicaments : divisions entre les syndicats de pharmaciens

La manifestation du 9 septembre dernier à Rabat divise la profession pharmaceutique. Trois organisations syndicales représentatives se démarquent de l'action menée par la Confédération des syndicats, qu'elles accusent de désinformation et de faible représentativité avec seulement 160 pharmaciens mobilisés sur 14 000 professionnels.

Par

Le décret sur la fixation des prix des médicaments continue de provoquer des remous dans le secteur pharmaceutique. Trois organisations représentatives des pharmaciens d’officine : la Fédération nationale des syndicats des pharmaciens du Maroc, le Syndicat national des pharmaciens du Maroc et l’Union nationale des pharmaciens du Maroc, ont pris leurs distances avec la manifestation organisée le 9 septembre à Rabat par la Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc.

Dans un communiqué conjoint, relayé par le journal Al3Omk, ces trois organisations affirment que leurs récentes réunions avec le ministère de la Santé vont dans “une direction positive” et qu’elles y ont constaté “une volonté sérieuse” de la tutelle pour appliquer les résultats du dialogue à travers des mécanismes juridiques et techniques destinés à réformer et développer la profession.

160 pharmaciens sur 14.000 ont participé à la mobilisation

Elles qualifient par ailleurs les pharmaciens ayant participé à la manifestation de “minorité” et dénoncent les “contre-vérités et mensonges” diffusés par une organisation syndicale qui “ne représente qu’une petite minorité” des professionnels. Selon elles, la Confédération “ne regroupe que 3 syndicats sur un total de 67 à l’échelle nationale” et son dernier rassemblement n’a réuni “qu’environ 160 pharmaciens sur 14.000”, un chiffre jugé révélateur de sa faible représentativité.

En face, la Confédération accuse le ministère de céder aux “lobbys des laboratoires pharmaceutiques” au lieu de répondre à la demande de baisse des prix jugés excessifs, avertissant que le nouveau décret “menace la stabilité du secteur” et pourrait entraîner des milliers d’officines dans une crise grave. Les protestataires ont par ailleurs dénoncé les politiques du ministère et son manque de respect des engagements, l’accusant d’“adopter des politiques médicamenteuses de manière unilatérale, susceptibles de menacer la stabilité des pharmaciens”.

Tandis que la Confédération intensifie ses actions pour défendre ce qu’elle appelle “les intérêts des pharmaciens marginalisés”, les trois autres syndicats persistent dans l’option du dialogue institutionnel avec le ministère, soulignant que “la désinformation médiatique et une contestation limitée ne changeront pas la réalité de la représentativité effective des professionnels du secteur”.

à lire aussi