Le “ministre des Affaires étrangères” du Polisario Mohamed Yeslem Beissat a donné des détails sur une “proposition élargie” présentée lundi 20 octobre par le Polisario au Conseil de sécurité de l’ONU. Ce dernier doit examiner le 31 octobre une nouvelle résolution relative au mandat de la Mission des Nations Unies au Sahara (Minurso)
La proposition du Polisario “comprend les trois options prévues par le droit international : l’indépendance, l’intégration et le pacte d’association libre, qui pourrait ressembler à ce que propose le Maroc”, a expliqué M. Beissat qui semble ignorer que les résolutions onusiennes ont écarté depuis plusieurs années l’option du référendum direct. Le Polisario fait ainsi “un pas vers les Marocains”, affirme-t-il mais “discuter de la proposition d’autonomie en dehors du cadre d’un référendum n’est pas envisageable et ne peut être accepté sous aucune forme”, a-t-il souligné.
L’ONU appelle depuis plusieurs années le Maroc, le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie à reprendre des négociations — interrompues depuis 2019 — pour parvenir à une “solution politique réalisable, durable et mutuellement acceptable”.
Selon M. Beissat, “il est impératif de présenter aux Sahraouis plusieurs options, y compris l’indépendance”. “S’ils choisissent une option, quelle qu’elle soit, nous l’accepterons”, a-t-il assuré. Pour M. Beissat, “tout est prêt pour organiser le référendum depuis l’an 2000, après le recensement des électeurs effectué par les Nations unies”. Le représentant du Polisario semble toutefois oublier que le recensement des électeurs n’a jamais fait l’objet d’accord et que c’est justement ce point qui a mené à un blocage du dossier pendant de nombreuses années.
Rabat a proposé en 2007 un plan d’autonomie sous sa seule souveraineté pour ce territoire. Après l’annonce spectaculaire en 2020 par Donald Trump du soutien américain à cette proposition en échange d’une normalisation de ses relations avec Israël, le Maroc a obtenu successivement l’appui d’une série de pays dont l’Espagne, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni. On notera que le plan d’autonomie, tel que présenté par le Maroc en 2007, prévoit un référendum dans le cadre d’un Sahara sous souveraineté marocaine
Trois des cinq membres du Conseil de sécurité (Etats-Unis, France et Royaume-Uni) sont favorables au plan marocain, la Russie étant “dans une position constructive” alors que la Chine reste attachée “aux résolutions précédentes”, selon M. Beissat.
(avec AFP)
