Droits humains : l'Institut Prometheus interpelle Akhannouch sur les priorités de la jeunesse marocaine

L'Institut Prometheus pour la démocratie et les droits humains (IPDDH) a officiellement transmis au chef du gouvernement les résultats de son étude sur la sécurité humaine et les priorités des jeunes au Maroc, accompagnés d'un plaidoyer pour l'activation du Pacte pour l'avenir adopté par l'ONU.

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Le chef du gouvernement Aziz Akhannouch au Parlement. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Cette démarche intervient « dans un contexte social marqué par la mobilisation croissante de la jeunesse marocaine, notamment la Génération Z, qui exprime aujourd’hui dans la rue des revendications profondes et légitimes », souligne l’Institut.

L’étude de l’IPDDH, intitulée « Sécurité humaine : par les jeunes marocaines et marocains d’aujourd’hui » et réalisée en 2022, offre « une lecture claire des besoins des jeunes et de leurs priorités ».

Les résultats révèlent que 84 % des attentes exprimées par les jeunes concernent l’accès aux services essentiels : emploi (51 %), enseignement public de qualité (19 %) et hôpitaux publics de qualité (14 %). Par ailleurs, 7 % évoquent des priorités liées à la gouvernance : lutte contre la corruption (2 %), libertés individuelles et liberté d’expression (2 %), création d’espaces d’épanouissement pour les jeunes (3 %).

Selon l’IPDDH, « ces résultats mettent en lumière un besoin urgent de justice sociale, d’accès équitable aux droits fondamentaux et de services publics de qualité ». Ils « demeurent particulièrement pertinents dans le contexte actuel marqué par l’expression contestataire de la Génération Z au Maroc, qui interpelle le Gouvernement sur la nécessité d’un dialogue renouvelé, plus inclusif et attentif à ses aspirations ».

L’enquête révèle plusieurs indicateurs inquiétants : 54 % des jeunes sont inquiets pour leur avenir, et parmi le sous-groupe ayant une vision négative, 5,7 jeunes sur 10 souhaiteraient émigrer à l’étranger, quelles que soient les conditions de travail.

La majorité des répondants (54 %) se déclarent au chômage faute d’avoir trouvé du travail, et l’enquête a montré que 38 % de ces derniers sont diplômés. De plus, 46 % des jeunes occupent des emplois précaires, environ 32 % ne sont ni scolarisés, ni en formation, ni en emploi (NEET) et 71 % manquent de qualifications.

Sur le plan personnel, 57 % des jeunes interrogés sont insatisfaits de leur situation financière et familiale actuelle, et 78 % d’entre eux se sentent incapables de se marier. Environ 6 répondants sur 10 se disent insatisfaits de leur situation actuelle, précise l’étude.

L’IPDDH rappelle son engagement en faveur de la reconnaissance du droit des générations futures. « Depuis le Forum social mondial de Katmandou en 2024, l’Institut a lancé l’Appel de Katmandou pour les générations futures, soutenu par plus de 180 organisations de jeunes dans le monde », indique le communiqué.

Le Pacte pour l’avenir et son Annexe « Déclaration sur les générations futures » ont été adoptés par l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2024, « par tous les pays, y compris le Maroc ».

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« Un an après son adoption, l’IPDDH considère qu’il est désormais essentiel d’activer ce Pacte au niveau national et de mettre en place une structure de suivi pour sa mise en œuvre ». Comme le souligne l’Annexe sur le droit des générations futures, celles-ci « doivent pouvoir prospérer et parvenir à un développement durable. Pour ce faire, il faudra, notamment, éliminer la transmission intergénérationnelle de la pauvreté et de la faim, de l’inégalité et de l’injustice, et tenir compte des défis particuliers que doivent relever les pays les plus vulnérables. »

« À travers cette communication adressée au Chef du Gouvernement, l’IPDDH réaffirme son engagement en faveur d’une gouvernance plus inclusive et tournée vers l’avenir et la nécessité d’un dialogue ouvert, inclusif et transparent avec la GENZ », conclut le communiqué.