Protestations GenZ212 : Rokia Achmal met en garde contre le prix élevé de la répression

La docteure Rokia Achmal, universitaire et spécialiste des questions de jeunesse, a affirmé que les sit-in lancés par le mouvement GenZ212 révèlent des indicateurs qui exigent la vigilance et l’attention de l’État, à travers toutes ses institutions et mécanismes, afin d’écouter les revendications non formatées des jeunes.

Par

Dans une déclaration à TelQuel Arabi, elle a souligné que les jeunes ont constitutionnellement le droit d’exprimer leurs revendications sans que leur intégrité physique ne soit mise en danger, insistant sur le fait que l’approche sécuritaire a montré, à travers l’histoire, qu’elle représente un coût double pour l’État et la société, puisqu’elle a toujours accru le gaspillage des efforts, des compétences et du temps.

Elle a ajouté : “À mon sens, il apparaît urgent que les responsables institutionnels fassent preuve de vigilance et de sagesse pour traiter les multiples voix de la jeunesse avec ouverture, et accélèrent la crédibilité des engagements. Car la situation impose de poser la question : que se passera-t-il une fois la confiance des jeunes dans les institutions totalement épuisée ?”.

Dans son analyse des manifestations de la “GenZ”, Rokia Achmal a noté que GenZ212 a réussi à passer de l’espace numérique au terrain réel, en se coordonnant et mobilisant pour lancer des protestations concrètes, traduisant une volonté claire de dépasser le débat virtuel pour passer à l’action.

Elle a relevé que les communiqués émis par le mouvement étaient dépouillés de toute coloration idéologique ou politique, en se concentrant sur des revendications sociales directes, loin du langage partisan ou des référentiels idéologiques.

à lire aussi

Un appel au roi ?

Elle a également souligné que ces manifestations se sont caractérisées par leur pacifisme, menées par des jeunes semblant représenter leur génération à travers les slogans portés. L’un d’eux déclarait : “Nous sommes sortis parce qu’on nous dit que nous sommes dans un pays démocratique”, une référence à l’existence d’une confiance dans les institutions et à la volonté d’interagir avec elles dans une logique démocratique.

“Nous sommes sortis pour la justice sociale et pour que notre voix soit entendue par le Roi, et non par les responsables”

Rokia Achmal, universitaire et spécialiste des questions de jeunesse

Rokia Achmal a insisté sur le fait que les protestataires ont précisé ne pas appartenir à un parti ou à une organisation, envoyant ainsi un message compris comme un refus de toute tentative de récupération de leur mouvement. Cependant, certaines jeunesses de l’opposition de gauche ont participé aux sit-in, partageant avec eux les mêmes revendications liées à l’éducation, à la santé et à l’emploi.

Parmi les slogans marquants, on pouvait lire : “Nous sommes sortis pour la justice sociale et pour que notre voix soit entendue par le roi, et non par les responsables”. Achmal a estimé que ce message montre que cette génération s’exprime au nom du peuple marocain pénalisé par l’absence de justice dans le développement. Une continuité, selon elle, avec les revendications des précédents mouvements de jeunesse au Maroc, mais avec une particularité : l’adresse directe à l’institution monarchique, qui bénéficie, selon elle, du plus haut taux de confiance populaire par rapport aux autres institutions officielles.

à lire aussi