Nouvelles mobilisations de la GenZ à Casablanca et Rabat, arrestations et interventions policières

Pour le deuxième jour consécutif, plusieurs villes du Maroc, dont Casablanca et Rabat, ont été le théâtre dimanche de manifestations initiées par des jeunes appartenant à la Génération Z. Ces mobilisations avaient pour mot d’ordre la défense du droit à la santé, à l’éducation, l’élargissement des opportunités d’emploi et la lutte contre la corruption.

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Telquel/ rachid tniouni

À Casablanca, des rassemblements ont eu lieu dimanche 28 septembre près de la place Sraghna. Selon des sources de défense des droits humains citées par TelQuel Arabi, plus de 30 personnes ont été interpellées, parmi elles Hamza El Fdil, animateur du podcast « Bisigha Okhra ».

La veille, le rappeur Raid avait également été arrêté avant d’être relâché tard dans la nuit. Plusieurs figures de la scène rap, dont Don Bigg et Khtek, ont exprimé leur solidarité. Les forces de l’ordre sont intervenues pour disperser à deux reprises ces manifestations.

Dans la capitale, une importante présence policière a été déployée à Bab El Had où des jeunes ont tenté d’organiser une nouvelle veille dimanche soir. Les participants ont scandé des slogans appelant à des réformes structurelles dans les secteurs de la santé et de l’éducation, ainsi qu’à la garantie de l’égalité des chances. Plusieurs arrestations ont également eu lieu. La veille, des manifestations similaires avaient été dispersées par les autorités, entraînant l’interpellation de jeunes et de militants, relâchés plus tard dans la soirée.

Hakim Sikouk, président de la section de Rabat de l’Association marocaine des droits humains (AMDH), a fait état dimanche de « plus de 100 interpellations à Rabat et de dizaines d’autres à Casablanca, Marrakech, Agadir et Souk Sebt ».

Ces interventions sécuritaires ont suscité des réactions critiques de la part de responsables politiques et de militants des droits humains. Ceux-ci dénoncent une atteinte au droit constitutionnel de manifester pacifiquement et appellent le gouvernement à écouter les revendications exprimées par la jeunesse plutôt que d’opter pour l’interdiction et la répression.

Le Parti de la justice et du développement (PJD) a appelé à la libération immédiate de tous les jeunes arrêtés et a exhorté le gouvernement à adopter une approche « politique et inclusive », respectueuse des droits constitutionnels.

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De son côté, le secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), Nabil Benabdallah, a estimé que ces manifestations illustrent le « fossé » entre les promesses gouvernementales et la réalité sociale, dénonçant un « vide politique » et appelant à écouter les expressions pacifiques de la jeunesse au lieu de les réprimer.

Samedi 27 septembre, des rassemblements similaires avaient déjà été organisés dans plusieurs grandes villes du royaume, notamment Rabat, Casablanca, Marrakech, Tanger et Agadir. Sous le slogan « Liberté – Dignité – Justice », ces mobilisations avaient donné lieu à des dizaines d’interpellations, suivies pour la plupart de libérations après vérification d’identité, comme le rapportait TelQuel dans son édition précédente.