Présenté par le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts, Ahmed Bouari, au nom du ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, ce projet de décret vise à relever le quota d’importation prévu par la loi de finances au titre de l’année budgétaire 2025, et ce, afin d’assurer l’approvisionnement continu du marché national en viandes rouges, ainsi que de contribuer à la reconstitution du cheptel national, a indiqué le ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement, porte-parole du gouvernement, Mustapha Baitas, lors d’un point de presse à l’issue du Conseil.
El Bouari a ajouté que l’Exécutif a mobilisé une enveloppe exceptionnelle de 11 milliards de dirhams pour soutenir les éleveurs, dans le cadre d’un plan visant à appuyer et restructurer le cheptel national.
Le ministre a précisé que le recensement national du cheptel, réalisé entre le 26 juin et le 11 août avec la participation de 39.174 agents et sous la supervision d’une commission réunissant les autorités locales et plusieurs départements ministériels concernés (Intérieur, Finances, Agriculture, Sûreté nationale, Gendarmerie royale et collectivités territoriales), a révélé que le nombre de têtes de bétail au Maroc a dépassé les 32 millions.
Bouari a indiqué que le cheptel ovin a enregistré une amélioration grâce aux initiatives précédentes, le nombre d’agneaux de moins de 6 mois dépassant les six millions de têtes. En revanche, les bovins et les camélidés ont reculé d’environ 30 %, sous l’effet de la hausse des coûts de production et de la dégradation de la couverture végétale.
Il a rappelé que les initiatives royales, notamment celles relatives à la préservation des bêtes destinées à l’Aïd al-Adha, ont permis de sauver trois millions de têtes et de renforcer la reproduction du cheptel, sans toutefois freiner le déclin de certaines espèces, en particulier les bovins et les dromadaires.
Concernant la prochaine étape, le ministre a souligné que le gouvernement lancera : la généralisation du système des boucles numérotées pour le suivi du cheptel, l’octroi d’un soutien financier direct aux éleveurs, notamment les petits, qui représentent 90 % des éleveurs et possèdent moins de 50 têtes, ainsi que des aides pour l’alimentation et l’acquisition de femelles reproductrices.
Par ailleurs, le budget de l’État concernant la TVA sur l’importation des bovins, entre le 3 février 2023 et le 22 octobre 2024, pour un plafond de 120 000 têtes, a subi une perte de 744 millions de dirhams. Le nombre d’importateurs ayant bénéficié de ces exonérations concernant les bovins s’élève à 133 durant la période allant du 21 octobre 2022 au 22 octobre 2024.
En ce qui concerne les pertes du budget général dues aux exonérations sur l’importation d’ovins, la source avait précisé que le budget a supporté les droits d’importation sur les ovins du mois de février 2023 au 18 octobre 2024, pour un montant de 3,86 milliards de dirhams. De plus, la TVA sur l’importation d’ovins durant la même période (du 10 février 2023 au 18 octobre 2024) avait coûté au budget de l’État 1,16 milliard de dirhams.
La même source avait mentionné également une nouvelle suspension des droits d’importation et de la TVA sur les ovins du 19 octobre au 31 décembre 2024, ayant coûté respectivement 15,7 millions de dirhams et 1,6 million de dirhams au budget de l’État. Le nombre d’importateurs ayant bénéficié de ces exonérations concernant les ovins s’élèvait à 144 entre le 10 février 2023 et le 22 octobre 2024.
