El Bouari : l’abattage massif des brebis menace la pérennité du cheptel national

Le ministre de l'Agriculture Ahmed El Bouari, a annoncé différentes mesures pour soutenir le cheptel national.

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Ahmed El Bouari, ministre l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et forêts, Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Ahmed El Bouari, ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural, des Eaux et Forêts, a indiqué que le cheptel national a été affecté par la succession des années de sécheresse, entraînant une baisse notable du nombre de têtes et un recul de l’offre en viande rouge. Cette situation est principalement due à la raréfaction des ressources fourragères et à la hausse des prix des aliments.

En réponse écrite à une question de la députée Loubna Sghir (PPS) sur « l’épuisement du secteur de l’élevage en l’absence de mesures gouvernementales », le ministre a précisé que deux axes ont été développés pour garantir l’approvisionnement régulier des marchés.

Le danger de l’abattage des brebis

Le premier axe concerne la restructuration du cheptel, avec la priorité au soutien des aliments : distribution d’orge subventionné pour ovins et caprins, et d’aliments composés pour les vaches laitières, qui représentent 70 % du coût de production. Durant les années de sécheresse, l’acquisition de 20 millions de quintaux d’orge et 6 millions de quintaux d’aliments composés a été soutenue, dont 15 et 5 millions ont été distribués à ce jour. En parallèle, des campagnes de vaccination ont permis, en 2024, d’immuniser 19 millions de têtes ovines et caprines, et 1,4 million de bovins.

Le ministre a aussi alerté sur l’augmentation de l’abattage des brebis pour répondre à la demande intérieure, tandis que les éleveurs conservent les têtes destinées à l’Aïd. Cette pratique menace sérieusement la pérennité du cheptel national.

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Un programme de soutien en cinq axes

Suite aux instructions royales du 12 mai 2025, le gouvernement prévoit de lancer un programme de soutien aux éleveurs visant une reconstitution durable du cheptel. Ce programme repose sur cinq axes :

  • Rééchelonnement des dettes de 50.000 éleveurs, à hauteur de 700 millions de dirhams pris en charge par l’État, avec l’annulation de 50 % des dettes inférieures à 100.000 dirhams, et 25 % pour celles entre 100.000 et 200.000 dirhams. Les petits éleveurs représentent 75 % des bénéficiaires.
  • Soutien aux aliments, avec un prix subventionné de 1,5 dirham/kg pour 7 millions de quintaux d’orge, et pour la première fois, subvention des aliments composés pour ovins et caprins à hauteur de 2 dirhams/kg.
  • Identification des femelles ovines et caprines : plus de 8 millions seront équipées d’une boucle électronique connectée à un système de suivi. À partir de mai 2026, une prime de 400 dirhams par tête non abattue sera versée.
  • Campagne sanitaire menée par l’ONSSA pour protéger 17 millions de têtes contre les maladies liées à la sécheresse.
  • Encadrement technique en partenariat avec l’Association nationale des éleveurs d’ovins et caprins, via l’insémination artificielle et l’amélioration des races sous la supervision de l’Office national du conseil agricole.

Le coût de ce programme est estimé à 3 milliards de dirhams d’ici fin 2025, auxquels s’ajouteront 3,2 milliards de dirhams en 2026 pour le soutien direct aux éleveurs engagés dans la préservation des femelles reproductrices. Une circulaire conjointe précisera les rôles des intervenants.