Originaire de Youssoufia, le garçon s’était rendu au Moussem avec un camarade rencontré peu avant. Selon son témoignage rapporté par sa mère et confirmé par des acteurs associatifs, il a été entraîné par un groupe d’individus, dont certains lui auraient fait consommer des substances toxiques et des somnifères, avant de l’agresser sexuellement à tour de rôle.
Après son retour à Youssoufia, le jeune garçon, en état de confusion et de souffrance physique, a raconté les sévices subis. Soutenue par ses voisins et des militants associatifs, il a été admis au CHU Mohammed VI de Marrakech. Là, il reçoit actuellement un suivi médical et psychologique, en attendant une expertise médico-légale pour déterminer l’ampleur des violences.
Ouverture d’une enquête judiciaire
Alertée, la gendarmerie royale s’est saisie du dossier sur instruction du parquet général près la Cour d’appel d’El Jadida. L’enfant a été entendu en présence de sa mère, et une expertise médicale est en cours pour établir des preuves formelles. Des recherches de terrain et des investigations techniques doivent permettre d’identifier et d’interpeller les auteurs présumés, qui sont pour l’instant toujours en fuite.
Un drame d’une extrême gravité est venu assombrir la dernière édition du Moussem de Moulay Abdellah Amghar, près d’El Jadida. Un adolescent âgé de 13 ans, orphelin de père et dont la mère est en situation de handicap, affirme avoir été victime d’un viol collectif perpétré par une… pic.twitter.com/gWK12UX3fG
— TelQuel (@TelQuelOfficiel) August 18, 2025
Le drame a déclenché une vive réaction des ONG de défense des droits humains. La section locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à Safi a exprimé dans un communiqué sa “colère et son indignation face à un crime odieux”, dénonçant “l’insuffisance criante des mécanismes de protection de l’enfance.” L’organisation exige l’ouverture d’une enquête rigoureuse, un accompagnement médical et psychologique de la victime, ainsi qu’une réparation morale et matérielle pour la famille.
“La protection de l’enfant n’est ni une faveur ni un slogan folklorique, c’est une obligation découlant des conventions internationales ratifiées par le Maroc”, insiste l’AMDH, qui appelle à une mobilisation générale contre la banalisation des violences sexuelles faites aux mineurs.
Ce n’est pas la première fois qu’un tel drame est signalé au Maroc. Les associations dénoncent régulièrement l’inefficacité des politiques publiques, la lenteur des procédures judiciaires et surtout l’absence de mécanismes efficaces de prévention.
Au-delà de l’horreur des faits, l’affaire pose de nouveau la question des enfants en situation de vulnérabilité : orphelins, issus de familles précaires, exposés à la rue et à des réseaux de prédation. Pour nombre d’observateurs, la répétition de tels drames ne relève pas seulement de la criminalité individuelle, mais du déficit structurel d’un système censé protéger les plus fragiles.
