Eau dessalée et TGV : le pari à 22 milliards de Marrakech-Safi

Le Conseil régional de Marrakech-Safi a adopté, lundi, un ensemble de conventions stratégiques mobilisant plus de 22 milliards de dirhams. Entre dessalement des eaux depuis Casablanca et Safi, extension de la ligne à grande vitesse vers Marrakech et développement d'un réseau express régional, cette région s'impose comme un laboratoire de la territorialisation des politiques publiques face aux défis climatiques et urbains.

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La station de dessalement d'Agadir est la première d'un programme ambitieux visant la fourniture d'eau potable et d'irrigation. Crédit: DR

Pourquoi ça compte ?

Parce que ce partenariat marque un tournant stratégique pour la sécurité hydrique et la mobilité durable dans la région Marrakech-Safi. Il illustre une dynamique de territorialisation des politiques publiques, avec des investissements massifs conjoints entre l’État, les régions et les acteurs financiers pour répondre aux défis du climat et du développement urbain.

Ce qu’il s’est passé :

  • Le Conseil régional de Marrakech-Safi a adopté, lundi 8 juillet 2025, une convention de partenariat pour le transfert des eaux dessalées depuis les stations de Casablanca et Safi.
  • Ce projet, conclu dans le cadre d’un protocole d’accord avec l’État, les deux régions concernées, leurs sociétés régionales multiservices, et le groupe Attijariwafa bank, mobilisera un budget global de plus de 6 milliards de dirhams.
  • Le Conseil a également approuvé plusieurs conventions relatives à l’alimentation en eau potable dans plusieurs provinces de la région, ainsi qu’un accord structurant avec l’ONCF pour l’extension de la ligne à grande vitesse (LGV) entre Kénitra et Marrakech et le développement d’un réseau régional express (RER).

Quel est le contexte ?

  • Ce vote intervient dans un contexte marqué par la pression croissante sur les ressources en eau et la nécessité de renforcer les infrastructures durables dans les régions.
  • La région Marrakech-Safi s’inscrit ainsi dans une logique d’adaptation climatique, de modernisation de ses services publics, et de consolidation de son attractivité économique à travers des projets structurants.

Ce que ça révèle :

  • Une mobilisation territoriale exceptionnelle autour de projets d’eau et de transport, avec l’appui de banques publiques et privées.
  • Une coordination interrégionale (avec Rabat et Casablanca) pour les LGV et les réseaux RER.
  • Un effort de planification stratégique confirmé par le contrat État-Région 2024-2027, fort de 9,2 milliards de dirhams pour 55 projets prioritaires.

Le chiffre-clé :

  • 16 milliards de dirhams : contribution régionale au projet LGV Kénitra–Marrakech et aux réseaux RER, selon la convention signée avec l’ONCF et les institutions financières.

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