Sidi Ifni : une mère mutilée par son fils, le drame relance le débat sur la santé mentale

Un drame glaçant s’est produit le 8 juin dans le douar Takanfel, commune d’Imi Nfast (province de Sidi Ifni). Un homme souffrant de troubles mentaux a été arrêté après avoir sauvagement agressé sa mère, lui crevant un œil avec une arme blanche.

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Srdjan Randjelovic/Shutterstock

La victime, retrouvée ligotée et baignant dans son sang, a été transportée d’urgence à l’hôpital régional de Guelmim. Le suspect, né en 1996 et issu d’un milieu défavorisé, était connu pour son instabilité mentale. Il avait déjà fait l’objet de plusieurs signalements et hospitalisations psychiatriques à Tiznit, sans réel suivi post-soins.

Ce nouveau drame rappelle avec force l’urgence d’une prise en charge digne et structurée des maladies mentales au Maroc, sujet longuement documenté par TelQuel dans un article publié le 9 mai dernier. Intitulé « Santé mentale : l’insuffisant suivi des malades psychiatrique », l’article pointait les défaillances systémiques d’un secteur laissé en marge : manque de structures, désert médical en zones rurales, absence de suivi après hospitalisation et pénurie criante de personnel qualifié.

L’exemple de Ben Ahmed, en avril dernier, illustrait déjà les conséquences d’un système à bout de souffle. Là aussi, un homme interné en psychiatrie a été mis en cause dans une affaire sordide impliquant des restes humains retrouvés près d’une mosquée. Quelques jours plus tard, à Béni Mellal, un jeune en « état anormal » agressait un militant associatif sans qu’aucune structure ne l’ait pris en charge au préalable.

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Face à la répétition de ces violences évitables, les autorités ont promis une réforme en profondeur à l’horizon 2030. Le ministère de la Santé, via son ministre Amine Tahraoui, a annoncé une stratégie multisectorielle centrée sur la prévention, le suivi et l’inclusion. Mais sur le terrain, les patients et leurs proches restent trop souvent livrés à eux-mêmes.