Le syndicat des agents de sécurité privée craint la mise à la rue d’un million de travailleurs dans les hôpitaux

Le Syndicat national des agents de sécurité privée et de nettoyage, affilié à la CDT, s’apprête à adresser une lettre au ministre de la Santé et de la Protection sociale concernant ses récentes instructions portant sur l’annulation de marchés existants relatifs à la sous-traitance, notamment ceux liés au gardiennage et au nettoyage.

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Amine Tahraoui, ministre de la Santé et de la Protection sociale. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Loubna Najib, secrétaire générale du syndicat précité, a indiqué dans une déclaration à Alyaoum24 que bien que cette décision comporte des aspects positifs, notamment en ce qui concerne le respect du salaire minimum, elle présente également certains points négatifs, dont un grand nombre d’agents de sécurité privée risquent de payer le prix.

Elle précise que, parmi les aspects négatifs, figurent certaines conditions exigées pour le recrutement des agents de sécurité, telles qu’un niveau scolaire déterminé. Elle souligne que la plupart des agents actuels ne disposent pas de diplômes scolaires adéquats, mais possèdent une expérience pouvant atteindre dix ans.

Najib suggère de soumettre ces agents à une formation continue plutôt que de se passer de leurs services, avertissant que la mise en œuvre de ces instructions pourrait menacer la paix sociale.

Elle ajoute que son syndicat a reçu des statistiques officielles indiquant que le nombre d’agents de sécurité privée au niveau national avoisine le million, mais, selon le syndicat, ce chiffre serait en augmentation et pourrait atteindre un million et demi d’agents.

Par ailleurs, selon une source contactée par TelQuel, plusieurs marchés publics récemment lancés au niveau des hôpitaux provinciaux ont été annulés en l’espace de quelques semaines. Officiellement, cette décision viserait à centraliser ces marchés au niveau des directions régionales.

“Après leur lancement, la direction régionale a demandé à l’ensemble des hôpitaux concernés d’annuler les procédures en cours afin de procéder à un appel d’offres unique à l’échelle régionale”, explique notre interlocuteur. Une approche justifiée par la volonté d’“optimiser les dépenses et mutualiser les ressources, alors même que les groupements sanitaires territoriaux (GST) n’ont pas encore été mis en place”.

Si cette réorganisation est présentée comme un levier d’efficacité budgétaire, elle suscite de vives interrogations au sein du secteur. Abdellah Bouanou, parlementaire du Parti de la Justice et du Développement (PJD) et médecin de formation, s’est dit “surpris” par ce qu’il qualifie de pratique “inédite et opaque” au sein du ministère de la Santé et de la Protection sociale. Il pointe notamment l’annulation de plusieurs marchés en cours liés à la sous-traitance des services de sécurité et de nettoyage. “Ces annulations ont été notifiées aux directeurs régionaux par simple SMS, leur indiquant que les cahiers des charges allaient être modifiés pour introduire de nouvelles conditions”, dénonce-t-il.

D’après Bouanou, qui a également présidé la commission des finances et du développement économique à la Chambre des représentants, cette annulation de masse ouvre la voie à des montants financiers revus à la hausse, voire exorbitants.  “L’instruction transmise par SMS précise que l’un des nouveaux critères pour la sécurité est désormais l’exigence d’un niveau scolaire minimum, avec une rémunération alignée sur le Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG)”, explique-t-il.