En ce vendredi 26 juin, à Essaouira, le maâlem Rachid Hamzaoui et sa fille, la maâlema Asma Hamzaoui, partagent les planches du festival Gnaoua, dans une communion rare : deux générations réunies par la même âme gnaoua, la même quête ancestrale.
Puis, dans un geste aussi discret que chargé de sens, le père s’efface. Il laisse la scène entière à sa fille, seule sous les lumières, guembri en main. Ni discours, ni cérémonie : juste la confiance absolue d’un maître en son élève, et l’amour silencieux d’un père pour sa fille.
Car Asma Hamzaoui est aujourd’hui bien plus qu’une héritière : elle est celle qui a osé bousculer les codes d’une discipline longtemps réservée aux hommes, à commencer par le maniement du guembri, instrument sacré et symbole d’autorité spirituelle. Cette édition du festival prouve toutefois qu’elle n’est plus seule à oser. Elles étaient trois femmes à fouler la scène du festival, guembri à la main : Asma Hamzaoui, Hind Ennairi et Fatima Zahra Jbeli.
Trois femmes, trois présences, une même affirmation : la musique gnaoua leur appartient aussi. Une nouvelle génération de maâlemas est née, et elle est bien décidée à ouvrir la voie.

