[Contenu Telquel Impact Spécial Études à l’étranger]
Le diplôme n’a pas perdu son poids dans un recrutement, bien au contraire. Ce sésame permet encore d’accéder à certaines offres d’emploi et de franchir les premiers filtres de sélection. Pour autant, il ne garantit plus, à lui seul, qu’un candidat possède les compétences attendues par l’entreprise. « Aujourd’hui, un recruteur cherche avant tout des preuves de compétence », souligne Keltoum Houssni, fondatrice et directrice de HoussniJob.
Ces preuves peuvent prendre plusieurs formes. Un portfolio solide, des projets personnels, une contribution à un projet open source, une certification reconnue ou un stage significatif peuvent faire pencher la balance.
Ces réalisations donnent au candidat des éléments concrets pour présenter son savoir-faire, au-delà de l’intitulé de sa formation ou du prestige de son établissement. « Ce que vous savez faire est souvent plus important que ce que vous avez étudié », résume l’experte.
L’expérience pratique fait la différence
Le principal écart entre les formations et les attentes des entreprises ne tient pas toujours aux connaissances techniques. Selon Keltoum Houssni, il apparaît surtout au moment de leur mise en pratique. De nombreux jeunes maîtrisent les concepts étudiés, mais se trouvent moins à l’aise lorsqu’il faut travailler sur un projet réel, collaborer en équipe, respecter des délais ou comprendre la demande d’un client.
D’où l’importance, pour elle, de donner davantage de place aux stages, à l’alternance, aux hackathons et aux projets menés avec des entreprises. Ces expériences donnent aux étudiants l’occasion de confronter leurs acquis aux contraintes du travail et de développer progressivement leur savoir-faire avant même l’obtention du diplôme.
Plusieurs métiers du numérique restent accessibles aux débutants. C’est notamment le cas des postes de développeur junior, de technicien support informatique, de testeur logiciel, d’analyste de données débutant ou d’assistant en cybersécurité. Le premier emploi doit donc, aux yeux de Keltoum Houssni, être considéré comme une étape d’apprentissage et de construction de l’expertise.
L’anglais et la capacité d’apprendre
L’expérience technique, elle non plus, ne fait pas tout. À niveau comparable, les qualités personnelles peuvent départager deux candidats. Dans les recrutements qu’elle accompagne, Keltoum Houssni observe que les employeurs regardent notamment l’autonomie, la communication, la capacité à travailler en équipe et la compréhension des besoins de l’entreprise.
La capacité à apprendre rapidement compte également dans un secteur où les outils et les technologies évoluent plus vite que les programmes de formation.
Dans ce contexte, l’anglais occupe une part tout aussi importante. Une grande partie de la documentation technique, des certifications et des innovations du secteur est disponible dans cette langue. Sa maîtrise facilite ainsi l’apprentissage continu, l’utilisation de certains outils et l’accès à un éventail plus large d’opportunités professionnelles.
Pour Keltoum Houssni, le meilleur profil n’est pas celui qui accumule uniquement les diplômes. C’est celui qui possède des bases solides, multiplie les expériences concrètes et sait montrer ce qu’il peut apporter à l’entreprise.
