Le Mexique a expédié près de 1,96 million de tonnes de tomates fraîches en 2025, pour une valeur dépassant 2 milliards de dollars. Soit plus de trois fois les volumes marocains. Premier exportateur mondial, loin devant les Pays-Bas et le Maroc, le pays a construit sa domination sur un modèle apparemment imparable : un marché quasi captif aux États-Unis, une production intensive toute l’année et une intégration logistique sans équivalent avec le marché nord-américain.
Mais ce leadership illustre aussi les fragilités d’un secteur surexposé à un seul débouché et les leçons que le Maroc, troisième exportateur mondial, pourrait en tirer.
La proximité, premier moteur du succès
“Les tomates peuvent être récoltées ce soir et se trouver au supermarché demain matin, prêtes à être consommées”
Jorge Flores-Velázquez, chercheur au Colegio de Postgraduados au Mexique et spécialiste des systèmes de production sous serre, était invité à la Conférence de la tomate à Agadir jeudi 21 mai. Titulaire d’un doctorat de l’Université d’Almería sur la régulation climatique en serre, il décrypte pour nous le succès mexicain. « La principale raison de ce succès est la proximité avec le plus grand marché de consommation », explique-t-il à TelQuel. « Les tomates peuvent être récoltées ce soir et se trouver au supermarché demain matin, prêtes à être consommées ».
Les conséquences économiques sont directes. « Cette proximité élimine ou réduit les coûts de transport. Vous n’aurez peut-être pas besoin de transport spécialisé réfrigéré ou sous atmosphère contrôlée, ce qui permet de réduire les dépenses », détaille notre interlocuteur.
Le Maroc dispose d’un avantage comparable en Europe. Deuxième fournisseur de l’Union européenne (UE) avec 23% de parts de marché, deuxième fournisseur du Royaume-Uni avec 25%, il est à quelques jours de route de ses principaux débouchés. Un positionnement logistique que Morocco Foodex considère comme l’un des leviers à valoriser davantage, notamment dans le contexte des futures contraintes carbone européennes où les émissions liées au transport entreront en ligne de compte.
