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Par Dr Samar Ferhi
Le stress tire son origine du mot latin stringere, qui signifie « serrer, lier, étreindre ». Il est aujourd’hui considéré comme un facteur de risque de maladies à part entière. Il contribue notamment au développement des pathologies cardiovasculaires. À ce titre, il doit être dépisté, évalué, notamment à travers des questionnaires spécialisés, puis pris en charge.
Ce mal du siècle est partout. Il touche aussi bien la vie privée, personnelle, familiale ou relationnelle, que la vie professionnelle. Le rôle du médecin traitant est donc essentiel en prévention primaire. En milieu professionnel, le médecin du travail joue également un rôle central pour le dépister et le prévenir.
Les causes du stress sont multiples : événements de la vie, contrariétés, exigences au travail, émotions négatives.
Telle est ma perception du stress : un Signal Transmis en Réaction à un Événement Stimulant et Somatisation. Ses symptômes sont nombreux et variables : douleur thoracique, palpitations, essoufflement, oppression thoracique, hypertension artérielle, signes neurosensoriels ou psychologiques associés.
Il existe deux types de stress.
Du stress aigu au stress chronique : un accélérateur de risque cardiovasculaire
Le stress aigu peut déclencher une émotion intense, à l’origine d’une maladie coronaire, d’un infarctus du myocarde, d’un syndrome de Tako-Tsubo, appelé aussi syndrome du cœur brisé, ou encore d’un arrêt cardiaque. Il renvoie aussi au karoshi, lorsque le travail tue.
Le stress chronique favorise l’apparition ou l’amplification des facteurs de risque cardiovasculaire de la maladie athéromateuse : tabagisme, diabète, hypertension artérielle, dyslipidémie, obésité, sédentarité, troubles du sommeil. Il est également associé à de nombreuses maladies liées à l’inflammation biologique ou organique du corps, ainsi qu’à un état émotionnel altéré.
Le stress diminue aussi l’observance médicamenteuse. Il peut ainsi aggraver le pronostic chez les patients déjà porteurs d’une maladie cardiovasculaire, en favorisant la survenue d’événements sur un terrain fragile. À noter également que les maladies cardiovasculaires sont elles-mêmes une source de stress pour les patients et augmentent le risque de dépression, d’anxiété ou de stress post-traumatique.
L’activité physique est certainement le traitement anti-stress le plus efficace. Elle permet de diminuer la stimulation du système nerveux sympathique, de renforcer le parasympathique protecteur et de réduire le stress. Il est également important d’adopter un mode de vie plus sain, de préserver un bon sommeil et de réduire la consommation d’excitants.
Pour apprendre à gérer le stress, les méthodes d’accompagnement psychologique, de libération émotionnelle et de respiration peuvent se révéler très efficaces. Après un accident cardiaque, il est essentiel d’apprendre à faire face à la maladie et à mieux gérer son stress.
Pour réduire le stress, il faut aussi penser à s’offrir des moments de plaisir, pratiquer une activité physique régulière et d’intensité modérée, entre 30 et 60 minutes par jour, avoir une alimentation équilibrée et préserver une vie sociale harmonieuse et sereine.
Les centres de réadaptation cardiaque permettent, grâce à une prise en charge pluridisciplinaire et individualisée, de réduire le niveau de stress. Ateliers de respiration, relaxation, sophrologie, cohérence cardiaque, thérapies comportementales et cognitives ou psychanalyse peuvent accompagner la reprise de l’activité physique, sans recourir systématiquement aux traitements psychotropes.
