Il y a des chiffres qui glacent le sang. Le récent rapport du Centre Africain pour les Études Stratégiques et la Digitalisation (CAESD) donne le vertige : d’ici 2035, près de 8 millions de postes marocains seraient affectés par l’IA, dont 2,9 millions sous pression élevée. Pire, la vague robotique viendra en prime fragiliser 1,6 million de postes supplémentaires.
Cette étude s’attaque, chose rare, spécifiquement aux marchés du travail arabes et africains. Son verdict est sans appel : l’urgence de repenser la formation et la reconversion s’impose, y compris, et surtout, au Maroc, où l’offshoring reste un pilier économique entier.
Quiconque suit l’actualité IA remarque d’ailleurs aisément l’accélération. À commencer par le dernier outil en date : Claude Design, capable de générer des “design systems” de A à Z (c’est-à-dire les interfaces graphiques et utilisateurs). Résultat immédiat ? Figma, le leader du secteur, a perdu 7 % en une séance. Adobe, 2,7 %. Wix, 4,7 %…. Wall Street n’est même plus surpris : l’IA est un “serial disrupteur” de géants établis.
Alors qu’en sera-t-il, très bientôt, des organisations et des travailleurs en retard d’adaptation ? La question de fond n’est pas technologique. Elle est sociale et politique. Et il ne faudra compter sur aucun LLM pour l’écrire à notre place.
