L’IA effraie. À peine se remet-on du choc d’un modèle potentiellement capable de mettre hors service la quasi-totalité des systèmes d’exploitation et des navigateurs, qu’une autre forme de menace surgit la même semaine.
Les faits : un individu de 20 ans, Daniel Moreno-Gama, a lancé un cocktail Molotov sur le portail du domicile de Sam Altman, patron d’OpenAI, aux alentours de 3h45 du matin, le 10 avril. Il a été arrêté environ une heure plus tard par la police de San Francisco, devant le siège d’OpenAI qu’il menaçait d’incendier.
Il avait publié des textes affirmant que l’IA provoquerait la fin de l’humanité et était actif sur le serveur Discord du mouvement PauseAI sous le pseudonyme “Butlerian Jihadist” — une référence à Dune, roman de SF de Frank Herbert, dans lequel l’humanité se révolte contre les machines pensantes. L’attaque a été suivie d’une autre, le dimanche suivant : deux suspects ont tiré des coups de feu devant la résidence d’Altman.
“Quand le débat public ne produit pas de réponses, la peur peut prendre le dessus et pousser à des comportements extrêmes”
En réponse, Sam Altman a publié un billet de blog dans lequel il évoque l’anxiété face à l’IA, estimant qu’elle est “justifiée”. Or, cette anxiété n’est pas marginale : quatre Américains sur cinq se disent préoccupés. Ces incidents graves renseignent sur la vitesse à laquelle l’IA transforme la société — une vitesse que les institutions ne suivent pas. Quand le débat public ne produit pas de réponses, la peur peut prendre le dessus et pousser à des comportements extrêmes.
